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BANDE ANNONCE : « CA », D’APRES LE ROMAN DE STEPHEN KING, SORT LE 20 SEPTEMBRE AU CINEMA…

BANDE ANNONCE : « CA », D’APRES LE ROMAN DE STEPHEN KING, SORT LE 20 SEPTEMBRE AU CINEMA…

Amateurs de frissons et de Stephen King, vous serez heureux d’apprendre que la première partie de « çA ‘(« IT » en anglais) tiré du roman éponyme sera sur les écrans le 20 septembre 2017. La bande annonce est alléchante, espérons que le film en tienne les promesses car adapter ce roman qui est sans doute le plus complexe des récits de King est un gros pari. La seconde partie est prévue pour 2019.

Staphen king a déjà donné son avis : J’avais de l’espoir concernant cette adaptation, mais je ne m’attendais pas à ce que Ça soit aussi bon. C’est très différent de mon livre, mais en même temps, les lecteurs devraient s’y retrouver. Ils devraient aimer les personnages, et pour moi, c’est avant tout les personnages qui comptent. Si vous vous y attachez, alors le côté horrifique fonctionne bien, en général. Je suis sûr que mes fans vont aimer le résultat. Je pense qu’ils vont VRAIMENT apprécier ce film. » Staphen King étant du genre à ne pas mâché des mots (il déteste toujours autant l’adaptation de Shinning et ne s’en n’est jamais caché), nous pouvons nous attendre à une bonne surprise.

Que le film ne vous empêche pas de lire (et relire) »çA« . C’est l’une des meilleures histoires  de cet excellent conteur qu’est monsieur King. Paru en 1986, l’histoire se déroule en deux époques : 1957-1958 et 1984-1985, dans une petite ville américaine, cela commence par la mort d’un enfant suivie d’autres crimes et d’étranges événements.  Ce roman agite nos peurs les plus profondes, les explore et va surtout créer un épouvantable personnage dont tout lecteur se souviens : « çA« , la ‘chose’, le clown maléfique qui vit dans les égouts.

Mais Stephen King ce ne sont pas seulement des romans à lire pour se distraire en de faisant peur. Ce roman-ci, par exemple,  est aussi une peinture sans complaisance, sans masque d’une Amérique moyenne, raciste, homophobe, lâche. On y parle aussi de la violence dans l’univers des enfants, dont les brutalités passent sous le radar des adultes indifférents, Car les romans de King ne sont pas aussi simplistes que le pensent ceux qui ne l’ont pas lu. Ils  décrivent et analysent aussi travers plusieurs niveaux de lecture notre société contemporaine avec ses bonnes et ses détestables facettes de manière plutôt pertinente. Une société assez tordue pour servir de socle pour bâtir des histoires d’horreur…

http://www.bandes-annonces.fr/embed/3787/?title=1&

D’autres bandes annonces ici : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=144685.html

En 1990, Tommy Lee Wallace a adapté le roman à la télévision sous le titre de « Il » est revenu, un téléfilm en deux parties d’une durée totale de 3h12. Selon Mad Movies, c’est une transposition assez fidèle, bien que très édulcorée, du roman, qui tire sa force principale de ses acteurs, notamment les enfants et Tim Curry dans le rôle de Pennywise, et dont la première partie est « clairement plus réussie » que la deuxième.

 

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Publié par le 2 septembre 2017 dans Cinéma - Movie - Cinéphile - Show - Film, detective novel, Ecriture_Writing, Ecrivain writer, Halloween Samain, Horreur Fantastique, Horreur Horror, Lecture-Reading, Littérature Litterature, PETITS OBJETS DE COMPAGNIE, roman policier, Science fiction Anticipation, Stephen King

 

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UNE HISTOIRE DE LIVRES ET D’ESCROQUERIE DIGNE D’UN ROMAN…

UNE HISTOIRE DE LIVRES ET D’ESCROQUERIE DIGNE D’UN ROMAN…

Ceci est un copié/collé d’un article paru dans Télérama…

 

L’escroc qui aimait trop les livres

 

Des années durant, l’énigmatique John Gilkey a dérobé des dizaines de volumes rares aux Etats-Unis. Sans chercher à les revendre… ni même à les lire. C’était sans compter un autre amoureux des livres : l’extraordinaire bouquiniste Ken Sanders.

On n’oublie jamais le premier livre qu’on a acheté. Ceux qu’on a reçus pendant la prime enfance finissent parfois aux oubliettes de la mémoire ; mais le premier passage en caisse — bonjour madame, oui c’est pour moi —, on le porte à jamais dans son cœur…

Ken Sanders se souvient parfaitement de sa première visite chez Acres of Books, légendaire bouquiniste de Californie installé depuis 1927 dans le sud de Los Angeles. « Je n’étais qu’un môme, mais le vieux propriétaire, Mr. Smith, qu’on m’avait décrit comme un ours, a tout de suite vu que j’étais sérieux. Je suis resté des heures dans sa librairie gigantesque, et avec mes économies, je me suis acheté une belle version des contes des Mille et Une Nuits et une énorme édition d’Alice aux pays des merveilles illustrée par l’artiste galloise Gwyneth Hudson. »

Acres of Books, que Ray Bradbury a fréquenté quasiment jusqu’à la fin de ses jours, a fermé ses portes en 2008, mais sa façade mythique, usée par le temps, se laisse toujours admirer au 240 Long Beach Boulevard. Où trouver l’équivalent aujourd’hui ? A mille kilomètres de là, à Salt Lake City, Utah. Propriétaire : Ken Sanders, 63 ans. C’est lui, désormais, le puits de science dont on bénit les recommandations, le passeur intarissable — « je donne toujours un livre gratuit aux enfants lorsqu’ils viennent pour la première fois ».

Son repaire extraordinaire, un ancien garage reconverti en temple des livres et de la contre-culture américaine, est la plus fascinante librairie qu’il nous ait été donné de fréquenter. Bien plus qu’un lieu de commerce, une représentation de son bouillonnant monde intérieur. « Sur toutes les photos de moi enfant, j’ai un livre à la main. Ma mère affirmait en riant que j’étais sorti de son ventre avec des romans sous le bras, réclamant de la lumière… »

Chez Ken Sanders, la culture est une fête. Dans un coin de la librairie, près d’un vieux canapé fatigué couvert de livres d’occasion, le réfrigérateur toujours bien garni en Bourbon et bière fraîche attend les copains qui n’oublient jamais de passer un peu avant la fermeture. Certains soirs, des musiciens folk s’installent avec guitares et banjo au milieu des rayonnages, on sort les chaises et on écoute les éternelles protest-songs et ballades de randonneurs infatiguables.

Le kleptomane…

Voyons maintenant : quel est le premier livre acheté par John Charles Gilkey ? Il n’en a jamais acheté un seul. Le premier livre qu’il a volé ? Difficile à dire, tant l’incurable kleptomanie de cet individu de 46 ans recèle de secrets. Le sait-il seulement lui-même ? Ken Sanders, marchand réputé, et John Gilkey, voleur impénitent, se fréquentent à distance depuis 1999 : pendant des années, le premier a poursuivi le second dans l’espoir de le mettre hors d’état de nuire…

Ironie suprême, le chasseur et le chassé ont une obsession en commun, les livres rares. « Mais là s’arrête la liste de nos ressemblances ! s’offusque Sanders. J’aime les livres et les respecte. Gilkey, lui, est une pomme pourrie dans notre verger. Son prétendu amour de la littérature ne m’inspire aucune sympathie. C’est avant tout un type malhonnête. »

John Gilkey photographié par la police de Californie.<br />

Né en 1968, à Modesto, Californie, Gilkey a commis son premier vol à 9 ans. En sortant d’un magasin avec ses parents, un gant de baseball glissé sous sa veste, il se serait écrié fièrement : « Regardez ce que j’ai pris ! » Aucune réaction de la mère ; sourire amusé du père… En 1987, le couple divorce. Il a 19 ans et choisit de vivre avec son géniteur, Walter. Chèques en bois et expulsions pour loyers impayés sont un mode de vie chez les Gilkey père et fils.

… voulait appartenir à l’élite

Ce dernier se découvre des désirs compulsifs. Des besoins de possession « quasi sexuels ». « Je ne sais pas si c’est parce que je suis un homme mais… j’adore regarder », confiera-t-il un jour à la journaliste Allison Hoover Bartlett (1). Regarder ? Et dérober. Pourquoi des livres ? Parce qu’ils sont, selon lui, le marqueur d’appartenance à une certaine élite intellectuelle, une bourgeoisie des lettres qui le fascine. Son amour des bibliothèques à l’ancienne lui est venu « en regardant Sherlock Holmes à la télévision ». S’il veut, au plus vite, se constituer une collection prestigieuse, c’est pour avoir le sentiment d’exister « et pouvoir lire sur le visage des autres le respect que [s]a grande culture ne tardera pas à inspirer ».

Aux Etats-Unis, le monde des antiquaires spécialisés en livres rares est un univers aussi feutré que la table d’un billard anglais. Les grands marchands ont leurs boutiques dans les beaux quartiers de Boston et San Francisco, ou sur Madison Avenue à New York. Avec sa longue barbe blanche, son impressionnante carrure et son allure de chercheur d’or pas tout à fait revenu du XIXe siècle, Ken Sanders y fait un peu figure d’hurluberlu. Mais son parcours inspire le respect.

Le libraire Ken Sanders a été mandaté par le syndicat ABAA pour s'occuper de la fraude pendant quatre ans.<br />

Sa librairie de Salt Lake, même si elle détonne avec ses airs de brocante miraculeuse, est connue dans tout le pays. Kerouac et les auteurs de la Beat generation y sont exposés en majesté, comme les grands raconteurs de l’Ouest américain, de Wallace Stegner à Edward Abbey — l’auteur de Désert solitaire, par ailleurs précurseur du militantisme écolo radical. Chez Ken Sanders, livres neufs et d’occasion cohabitent dans un bazar plus ou moins maîtrisé. Dans une pièce à l’écart, les ouvrages les plus rares sont gardés sous vitrine. Les first editions dotés de leur dust jacket d’origine (2) peuvent valoir des milliers de dollars.

La réputation de son antre a valu à Sanders d’être recruté par le réseau de télévision PBS pour sa très populaire émission Antiques roadshow : le marchand est l’un des experts de ce programme où des particuliers font évaluer leurs possessions. « Ça me vaut d’être reconnu dans les salons du livre partout dans le pays », s’amuse le libraire, par ailleurs éditeur avec sa petite maison Dream Garden Press.

 

Les livres rares sont des talismans. On en aime le parfum singulier, les effluves de cellullose et de lignine mêlées à l’odeur du cuir tanné. Colette, Huysmans, Baudelaire et tant d’autres ont chanté cet amour pour l’objet-livre, et le vertige heureux provoqué par cette fragrance si évocatrice que nombre de fabriquants de bougies et de parfums pour la maison commercialisent des produits tentant de s’en approcher. L’auteur Matija Strlic, de l’University College de Londres, décrivait quant à elle dans un article publié dans The Telegraph, « cette étonnante combinaison de notes herbacées avec une saveur d’acides et un soupçon de vanille sur une moisissure sous-jacente ».

Dans les salons, le roman n’est pas toujours l’attraction principale. Les livres pour enfants sont également très recherchés – et coûteux. Compter 100 000 euros pour une édition originale de Pinnochio, et jusqu’à 120 000 pour l’un des 250 exemplaires de The Tale of Peter Rabbit (Pierre Lapin, 1902) imprimés par Beatrix Potter en personne à ses débuts, avant qu’un éditeur n’accepte de la publier. Les livres n’ont pas besoin d’être anciens pour être joliment côtés : le tout premier tirage (500 exemplaires seulement) de Harry Potter à l’école des sorciers, premier épisode de la saga de JK Rowling, s’échange actuellement pour 35 000 euros.

En 1999, le syndicat de libraires ABAA (3) propose au passionné Ken Sanders de s’occuper de la lutte contre la fraude, un mandat de quatre ans. « Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais très vite, on m’a parlé de vols à répétition en Californie, avec toujours le même mode opératoire, et ça m’a passionné autant qu’énervé. Un type commandait des livres rares au téléphone et les payait en utilisant des numéros de carte de crédit valides. Plus tard, le propriétaire de ladite carte se rendait compte de l’achat frauduleux et se faisait rembourser. Pas de pénalité pour lui, mais une perte sèche pour les libraires, qui ne revoyaient jamais leurs livres et n’étaient pas payés. »

Le mystérieux escroc, qui restera plusieurs années sans identité connue, c’est John Gilkey. Il s’est fait embaucher chez Saks Fifth Avenue, grand magasin chic de San Francisco, travaille au rayon confection hommes, plie et replie gilets et chemises à 400 dollars. Ayant gagné la confiance de son supérieur, il commence à donner « un coup de main » à la caisse, où il se procure des reçus de cartes de crédit (à cette époque, les chiffres n’en sont pas encore dissimulés). Il prélève une dizaine de ces sésames par semaine, attend un mois ou deux avant de les utiliser…

En 1996, alors qu’il séjournait dans un motel en compagnie de son père, Gilkey avait trouvé, sur le sol, un de ces petits reçus de carte de crédit. Puis avait tenté le coup, se faisant livrer une pizza, puis, le lendemain, une montre et une affiche de Psychose, de Hitchcock.

Les premières années, seules des librairies spécialisées de Californie sont visées, mais bientôt, le charlatan dupera aussi des marchands de la côte Est. Gilkey repère des ouvrages de valeur dans des salons spécialisés, les admire, les caresse. Puis les repose sagement, avant de passer commande au téléphone quelques jours plus tard, avec les références d’une carte de crédit valide. Pour choisir ses « acquisitions », il se réfère en général à la liste des « 100 plus grands romans de langue anglaise » établie par l’éditeur Modern Library. C’est donc moins son goût personnel — en a-t-il ? — qui dessine les contours de sa bibliothèque, qu’une certaine idée de la liste parfaite, les greatest hits de la littérature anglo-saxonne.

Plus de 100 000  dollars de vol

En 2000, Gilkey embarque son père pour un périple en France et en Allemagne. Au menu, restaurants étoilés et vins fins, soirées au casino et hôtels de luxe. Le tout réglé frauduleusement, comme pour les livres. De retour à Los Angeles, il soustrait un Life on the Mississippi, de Mark Twain, à la librairie Dailey Rare Books. Puis, à San Francisco, s’offre un somptueux The Mayor of Casterbridge, de Thomas Hardy, en deux volumes. Cote : 25 000 dollars. Record personnel battu !

Life on the Mississippi, de Mark Twain.<br />

En 2002, Gilkey est promu au service clients de Saks. L’aubaine… Les détenteurs d’une carte American Express ont ses faveurs. Bien sûr, Gilkey, toujours disert et chaleureux lorsqu’il contacte un libraire au téléphone, ne peut pas se faire livrer ses « achats » à son domicile. Prétextant un voyage, il donne l’adresse d’un hôtel (généralement à moins de cent kilomètres de chez lui) puis passe récupérer son paquet à la réception, sans laisser de trace. Des premières éditions de Joseph Conrad, Thomas Mann et Joseph Heller viennent grossir le butin. Les marchands spoliés tentent bien d’alerter la police de leur ville, mais rares sont les agents qui souhaitent passer du temps sur des affaires considérées comme sans importance.

Un jour de 2002, Ken Sanders sort sa calculatrice et reprend la liste des vols attribués à « l’homme à la carte bleue ». Depuis 1997, il a dérobé pour plus de 100 000 dollars de livres rares ! Etrangement, les ouvrages volés ne réapparaissent jamais sur le marché ; et la collection de Gilkey intègre des volumes de valeurs très variables. Le kleptomane semble donc voler par pur amour des livres — et pas pour faire commerce de ses filouteries. John Gilkey confiera pourtant à la journaliste Allison Hoover Bartlett ne jamais lire « ses » livres : « Ce qui me plaît, c’est de les tenir dans mes mains, de les contempler. Mais je ne les lis pas, non. » Sauf le Lolita de Nabokov, dont il connaissait la réputation sulfureuse, et qu’il a trouvé « répugnant ».

Dans ses articles, la journaliste décrit un homme au visage rond et renfrogné, aux ongles rongés. Gilkey a du mal à prononcer le mot « vol ». Il dit qu’il a «obtenu» les livres. Qu’ils sont venus en sa possession. Il collectionne aussi les cartes de baseball, les pièces de monnaie anciennes, les bouchons en cristal, les autographes.

Parmi sa large collection, John Gilkey n'aurait lu que Lolita, de Vladimir Nabokov.<br />

Larcins maladifs

Mais qui sont donc les voleurs de livres ? Aucune société, aucune communauté — nationale, religieuse, intellectuelle — n’est épargnée par le virus. Historiquement, c’est même plutôt dans les cercles les plus cultivés que s’est développée l’incorrigible manie, chez les universitaires comme dans le clergé. Dans Bibliomanie, un de ses textes de jeunesse, Flaubert raconte les larcins maladifs de Don Vicente, moine espagnol du XIXe siècle qui dépouilla la bibliothèque de son propre monastère. Après avoir quitté les ordres, on le retrouva à la tête d’un commerce de livres à Barcelone. Obsédé par un ouvrage de 1432 qu’il n’avait pu acheter, il finit même par assassiner l’acquéreur en mettant le feu à sa maison. Son seul souhait, lors de sa condamnation à mort, fut qu’on promette de prendre grand soin de sa collection.

Il y a onze ans, au Danemark, on retrouva plus de trois mille livres anciens dans la cave d’une femme de 68 ans. Son mari, ancien historien et linguiste employé au fonds oriental de la Bibliothèque royale de Copenhague en avait siphonné les rayonnages huit ans durant. A sa mort, elle avait vendu une grande partie du stock — jusqu’à récolter près de 300 000 dollars pour un rarissime Utopia, de Thomas Moore. Quand la police l’arrêta, elle menait grand train.

Aux Etats-Unis, le record appartient à un dénommé Stephen Blumberg, un obsédé des livres qui en vola, dans les années 1980, plus de 23 000 dans 268 bibliothèques réparties dans 45 états et deux provinces au Canada. Estimation totale : 5,3 millions de dollars. L’homme étant gentiment détraqué, il aurait aussi subtilisé des dizaines de milliers de poignées de porte, les maisons victoriennes des beaux quartiers ayant ses faveurs. Stephen Blumberg est aujourd’hui en prison.

Mais revenons à l’affaite Gilkey… Le libraire Ken Sanders souffre d’un trouble banal mais ennuyeux dans son métier : la prosopagnosie — une quasi-incapacité à se souvenir des visages. Pourtant, il assure être incapable d’oublier les traits un peu lourds et le regard de chien battu de John Gilkey. La seule fois où ils se sont croisés, c’était lors d’un salon à San Francisco. « Ça a duré trois secondes au maximum, les yeux dans les yeux. » Puis Gilkey s’est évaporé. Non sans humour, l’escroc déambulait, ce jour-là, avec une édition très recherchée de L’Homme invisible, de H.G. Wells, à la main…

Entre Ken Sanders et les voleurs, c’est une longue histoire, toujours douloureuse. «Déjà, dans les années 70, quand que je tenais la librairie underground Cosmic Aeroplane avec deux copains, on était sans cesse confrontés à ces problèmes de fauche, c’était parfois très pesant.» Au cours des années, Sanders a bien souvent coursé des voleurs jusqu’au parking de son magasin. Le plus souvent, quelques hurlements de grizzly doublés de menaces de lendemains difficiles ont suffi à décourager les imprudents.

Entre 2000 et 2003, John Gilkey va faire trois brefs séjours en prison. Quand il plonge, c’est parce qu’il a utilisé un chèque sans provision ou beaucoup perdu au casino : aucune enquête ne permet de faire le lien avec les vols de livres. A peine dehors, il reprend sa chasse… Sanders, même s’il n’a jamais été directement victime de Gilkey, vit chacun de ses vols comme une insulte, une blessure personnelle. Il met au point un système informatique permettant à deux mille marchands dans trente pays du monde de signaler les larcins en temps réel.

Ne surtout pas se représenter le libraire de Salt Lake City en père la morale. L’homme a toujours fréquenté les marges de l’underground — il possède dix mille disques vinyles, rock et jazz surtout — et fait les quatre cents coups dans les années 1970 et 1980, quand il était un intime du Monkey Wrench Gang, un groupe d’activistes écolo radical, célèbre pour ses activités de sabotage contre les équipements des compagnies d’extraction de ressources naturelles. « Nous n’avions peur de rien, à l’époque… J’ai fini par me calmer en 1985. Notre groupe était infiltré par le FBI. Je venais de divorcer, mes enfants avaient besoin de moi. »

Les mois passent, les livres trépassent. A ses proches, Sanders avoue être de plus en plus rongé par cette histoire… Et puis, le 28 janvier 2003, rebondissement inespéré : il reçoit un appel de Ken Lopez, un marchand du Massachusetts. Gilkey vient d’appeler, il se dit intéressé par une première édition des Raisins de la colère (1939), de John Steinbeck, proposée à 6 500 dollars. Lopez, qui s’est déjà fait arnaquer par la star des voleurs, a reconnu sa voix, prétexté une urgence, et demandé à Gilkey de le rappeler dans une heure.

Le piège parfait

Sanders et lui montent un plan : lorsque l’escroc rappellera, Lopez confirmera la vente puis enverra effectivement un paquet — avec une édition moins chère du Steinbeck à l’intérieur — par coursier, à l’adresse communiquée par John Gilkey. Le piège parfait… Le lendemain, le coursier dépose le colis à l’hôtel Sheraton de Palo Alto. Quelques minutes plus tard, Gilkey se présente à l’accueil sous un nom d’emprunt, celui de la carte de crédit utilisée, et récupère son paquet. Pas le temps de l’ouvrir, les policiers sont déjà sur lui.

« Qu’on n’ait récupéré qu’une petite partie du butin me rend fou », confie Ken Sanders dix ans plus tard. La police a fouillé son appartement sur Treasure Island, dans la baie de San Fancisco. Le voleur y vivait toujours avec Walter, son père. On a retrouvé des enveloppes pleines de reçus de cartes de crédit, ce qui lui a valu trois ans de prison ferme, mais seulement vingt-six ouvrages ont pu être identifiés et restitués. « Le reste se trouve dans un container quelque part dans le nord de la Californie, mais où ? » s’agace le marchand de 63 ans… tout en jurant être « passé à autre chose, pour préserver [s]a santé mentale ».

Et Gilkey ? Libéré après dix-huit mois, il a repris ses activités frauduleuses, avec pour nouveau terrain de chasse l’univers envoûtant des cartes historiques et globes anciens. Aux dernières nouvelles, il serait à nouveau en prison. Cette fois, pour non-respect des modalités de sa liberté conditionnelle.

 

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LE 22 AOUT 2014 C’EST LE « RAY’S DAY » et nous CELEBRERONS LA LECTURE, LES AUTEURS ET LES LECTEURS…

LE 22 AOUT 2014 C’EST LE « RAY’S DAY » et nous CELEBRERONS LA LECTURE, LES AUTEURS ET LES LECTEURS…

Le « RAY’S DAY » a été baptisé ainsi en hommage à  l’écrivain américain Ray Bradbury dont l’amour des livres et des bibliothèques était immense.

Raymond Douglas « Ray » Bradbury a quitté cette terre le 05 Juin 2012, à 91 ans. Bradbury est l’auteur des celèbres Chroniques martiennes, de L’Homme illustré et d’un livre culte pour tous les amoureux des livres : Fahrenheit 451, un roman d’anticipation dystopique publié en 1953. (Pour mémoire 451F est le point d’auto-inflammation, en degré Fahrenheit, du papier. Cette température équivaut à un peu moins de 233 °C.)

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Quelques images du film

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Sur Youtube, vous pouvez trouver le film tiré de Fahrenheit 451, une pièce de théâtre, un audiobook.

Film de F. Truffaut, sorti en 1966.451 degrés Fahrenheit, c’est la température à laquelle brûle le papier. C’est aussi le sigle qui désigne les pompiers d’une époque future, dont la fonction est, non plus d’éteindre, mais d’allumer le feu. Il s’agit en effet, pour le bien d’une société devenue résolument « communautaire », de supprimer ce ferment d’individualisme qu’est la chose écrite. Et Montag, pompier d’élite, allume gaiement des autodafés sous l’oeil paternel de son capitaine, tandis que leurs contemporains, juxtaposés mais privés de moyens d’expression personnelle, se livrent au narcissisme. Ceci jusqu’au jour où une jeune fille au regard vif lui pose la question insidieuse : « Vous ne lisez jamais les livres que vous brûlez », et jusqu’au jour où il voit une femme préférer mourir « comme elle a vécu », avec ses livres. Montag se met à lire, et sa révolte croît contre une société dépersonnalisée ; sa femme, décidée à le quitter, le dénonce et il doit assister à la destruction des livres qu’il a finalement entassés chez lui. Mais il attaque soudain ses collègues et prend la fuite. Heureusement, la jeune filîe qui avait dû s’enfuir lui a indiqué un refuge : la région où vivent les « hommes-livres » qui ont appris par coeur un livre chacun, afin de le transmettre de génération en génération. Il les rejoint et, avec eux, répète le texte du livre qu’il a pu sauver, en attendant des jours meilleurs.

Le Ray’s Day se déroulera le 22 août prochain (le 22 août étant le jour de la naissance de Ray Bradbury en  1920.) C’est une initiative récente qui mérite d’être soutenue.

Vous pourrez y participer de différentes manières pour proclamer bien haut votre passion des livres et de la lecture. Pour découvrir le programme de manifestations déjà organisées dans les deux mondes (le monde réel  (IRL) et le monde numérique), vous pouvez vous rendre sur ce site : http://raysday.net/ ou suivre les discussions ici : #Raysday ou là : https://www.facebook.com/events/343482719136853/.

A la Little Free Library, ce jour-là, nous nous réunirons pour parler de ce que représente et ce qu’est pour nous la lecture. Si vous souhaitez participer, merci de vous inscrire par mail, le local est petit, les places sont limitées à 8 personnes. La réunion se tiendra de 16h à 18h.

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Trois nouvelles de jeunesse de Salinger publiées

Trois nouvelles de jeunesse de Salinger publiées
Lorsque l’on parle de Jerome David Salinger, c’est L’Attrape-Coeurs qui revient toujours dans la conversation( que l’interlocuteur l’ait lu ou pas, ou simplement parcouru la quatrième de couverture.) C’est oublier quelques autres ouvrages que nous vous conseillons. Premièrement le recueil de nouvelles comportant celle nommée Un jour rêvé pour le poisson banane (celle qui me fit découvrir Salinger et qui inspire toujours autant de dessinateurs, sculpteurs et autres designers…) Le recueil propose neufs textes : 

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Sans oublier, pour entrer plus encore l’univers de cet auteur : Franny, Zooey, Dressez haut la poutre maitresse, charpentiers ! Salinger ayant écrit jusqu’à la fin  de sa vie (à 91 ans), l’oeuvre est importante. Salinger n’est pas un écrivain facile, son univers ne fait ni rire ni sourire. Il manie une belle écriture très américaine, aisée à lire en version originale. Il a sa place dans toutes les bonnes bibliothèques.

Copié/collé d’un article du Figaro

Trois nouvelles de jeunesse de Salinger

Par Pauline Verduzier. Publié le 24/07/2014 à 19:19
Les nouvelles de Salinger sont publiées sous le nom <i>Three Early Stories.</i>

Un éditeur indépendant, The Devault-Graves Agency, va sortir les trois récits du discret écrivain américain. Une initiative qui ne lui aurait probablement pas plu.

Les lecteurs de Salinger se souviennent du recueil Three Stories qui avait fuité l’année dernière. Ces trois nouvelles inconnues du public avaient été mystérieusement mises en ligne. Cette fois-ci, il s’agit d’une publication légale par un éditeur indépendant, The Devault-Graves Agency. Selon le site Publishers Weekly, cette édition regroupe sous le nom de Three Early Stories les nouvelles The Young Folks, Go See Eddie (ses deux premières nouvelles publiées) et Once A Week Won’t Kill You, toutes publiées dans les 1940 dans le magazine Story et dans l‘Univesity of Kansas City Review.

Salinger était connu pour être un fervent protecteur de ses droits d’auteur de son vivant et la Salinger Trust, qui détient ses droits, veille au grain. Les éditeurs associés Tom Graves et Darrin Devault ont donc commencé leurs recherches après avoir visionné le documentaire de Shane Salerno Salinger, dans lequel ils apprennent l’existence des trois histoires, en sachant que le combat serait âpre pour obtenir les droits. Après un long processus impliquant une batterie d’avocats de la propriété intellectuelle et une recherche menée par la Bibliothèque du Congrès, ils finissent par les obtenir. Tout en gardant à l’esprit qu’au moindre problème, la Salinger Trust dégainerait.

Le recueil est disponible en édition imprimée sur demande, en livre numérique et audio. Selon Graves, il s’agit du premier ouvrage de Salinger publié en cinquante ans. Le credo de l’éditeur et de son associé est d’ailleurs de sortir de l’ombre les livres oubliés pour les proposer en format numérique. «Le vieil homme n’aurait peut-être pas apprécié ce que nous venons de faire […] Mais nous faisons tout notre possible pour respecter son héritage et présenter un produit de qualité qui ne l’aurait pas embarrassé», a expliqué Graves au Publishers Weekly.

Le discret Salinger est devenu célèbre notamment son roman L’Attrape-Cœurs (1951) mais il a vécu reclus dans le New Hampshire, jusqu’à sa mort en 2010, à l’âge de 91 ans. Ses proches ont affirmé que l’auteur avait continué à écrire jusqu’à sa mort, sans qu’on en sache plus sur ces écrits. «Salinger était un perfectionniste et aurait eu horreur de voir certaines de ses histoires diffusées alors qu’elles ont encore besoin d’être travaillées. En même temps elles montrent comment travaillait l’auteur et c’est rare que les lecteurs puissent voir cela», avait déclaré le biographe Kenneth Slawenski à l’AFP au moment de la fuite des trois autres nouvelles sur Internet. En espérant qu’il ne se retourne pas dans sa tombe…

 

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INTERVIEW DE PATRICIA HIGHSMITH, en français !

INTERVIEW DE PATRICIA HIGHSMITH, en français !

Une très intéressante vidéo dans laquelle Patricia Highsmith parle de sa vie et surtout de son travail d’écrivain.

Cela donne envie de relire, encore une fois, ses ouvrages car P. Highsmith est de ces auteurs qui se relisent régulièrement et  avec toujours autant de plaisir.

 

http://www.babelio.com/auteur/Patricia-Highsmith/4807/videos

 

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PARADE OF THE MILITARY CARS OF THE DDAY / LES VOITURES MILITAIRES ANCIENNES,BAYEUX 08 JUIN 2014…

PARADE OF THE MILITARY CARS OF THE DDAY / LES VOITURES MILITAIRES ANCIENNES,BAYEUX 08 JUIN 2014…

Un défilé exceptionnel. Les voitures présentées, de leurs équipements et des participants costumés, tout était de grande qualité. Une manifestation émouvante.

Nous avons pris de très nombreuses photos, vous les trouverez sur la page dédiée dont vous trouverez le lien dans le bandeau.

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An exceptional parade as for the quality of the presented cars, their equipments and the dressed up participants. A moving feast. We took very numerous photos, you will find them on the dedicated page the link of which you will find in the header. Enjoy !

VOITURE 2

 

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VOITURE 8

 

 

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DDAY PHOTOS DU 70e : PETITS OBJETS DE COMPAGNIE EN REPORTAGE…

DDAY PHOTOS DU 70e : PETITS OBJETS DE COMPAGNIE EN REPORTAGE…

PETITS OBJETS DE COMPAGNIE part en reportage photographique. Nous suivrons les manifestations qui se dérouleront à Bayeux. Vous trouverez ces images sur la page dédiée dont le lien se trouve dans le bandeau.

Vous y découvrirez également des photos prises au hasard des rues et des rencontres car nous croisons des véhicules anciens et des personnes en costume, des décorations originales dans les vitrines, aux fenêtres…

Nous me mettrons pas ici toutes les photos car nous en aurons des centaines. Aujourd’hui, premier jour des festivités avec le TATOO… et aussi fruit de déambulations dans quelques rues… nous sommes revenus avec plus de 200 photos !

Voici quelques images…. Si elles vous plaisent, servez-vous !

En haut, en costume à bord d’une voiture ancienne, des visiteurs nous saluent et ralentissent pour nous laisser les photographier. Comme toutes les personnes en costumes que nous avons rencontrées, ils ont l’air vraiment très heureux d’être là (et nous aussi !) Plus bas : Les Ecossais qui nous ont offert une magnifique prestation (ils sont beaux, ils sont (très) grands, leur musique est hypnotique), voiture et motos garées rue Larcher, soldats en vadrouille rue Saint-Jean…

SCOTLAND27 3JUIN2014BX

 

 

SCOTLAND28 3JUIN2014BX

 

3JUIN2014 RUE LARCHER MOTO8

 

3JUIN2014 RUE LARCHER VOITURE7

SOLDAT1 3JUIN2014

 

 

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