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TERRY PRATCHETT : DESTRUCTION DE SES OUVRAGES INéDITS…

TERRY PRATCHETT : DESTRUCTION DE SES OUVRAGES INéDITS…

Conformément à la volonté de Sir Terry Pratchett (disparu en 2015), ses ouvrages inachevés et/ou non publiés ont été détruits. Un disque dur contenant une dizaine de romans a été écrasé par un rouleau compresseur à vapeur datant du XIXe siècle surnommé Lord Jericho. L’événement s’est déroulé vendredi dernier en Angleterre lors de l’ouverture de la Great Dorset Steam Fair et a été supervisé par Rob Wilkins, ami et biographe de Sir Terry, qui gère l’héritage artistique de l’écrivain.

C’était de voeu de Pratchett  de voir effacer « «tout ce sur quoi il travaillait à sa mort en retirant les données de son ordinateur et de les placer dans un disque dur pour qu’il soit écrasé par un rouleau compresseur à vapeur».

Rob Wilkins et Lord Jericho

Rob Wilkins a précisé que le disque écrasé serait exposé au musée de Salisbury qui consacre une exposition à l’écrivain en Septembre prochain

«Je sais que Terry travaillait sur dix histoires qui n’ont jamais été publiées», a précisé  Richard Henry, le conservateur de l’exposition consacrée à l’écrivain au Salisbury Museum. «Mais j’ignore ce qu’il y avait dans le disque dur. En tant que fan, j’aime bien l’idée qu’un mystère subsiste», a-t-il ajouté, laissant entendre que ces travaux inédits auraient pu être conservés ailleurs.

Traduit en 35 langues, Pratchett est l’un des meilleurs auteurs de la seconde moitié du XXe et du début du XXIe siècle. La Saga du Disque-Monde est une oeuvre incontournable à placer dans toute bibliothèque qui se respecte. Les ouvrages hors saga sont aussi à lire sans réserve. Si vous recherchez des ouvrages intelligents, drôles, féroces, particulièrement bien écrits, explorant les méandres des comportements humains (ou pas humains),  et du fonctionnement de nos sociétés, le tout saupoudré de poésie et de magie, n’hésitez pas à pousser la porte du jardin de Terry Pratchett à la rencontre d’un monde et de personnages inoubliables. C’est pour cela que nous allons tous rêver de ces romans disparus….

S’il est toujours préférable de lire un ouvrage dans sa langue originelle, Pratchett se lit très bien en français en raison de la plus qu’excellente traduction de P. Couton.

Vous trouverez facilement toutes les informations concernant T. Pratchett sur le web : biographie, bibliographie, films, pièces de théâtre ou radiophoniques tirés des romans, produits dérivés, dates des événements liés à la saga Discworld, etc, ainsi que de passionnants forums ou sites de fans.

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Le romancier suédois David Lagercrantz a été chargé d’écrire une suite à la célèbre trilogie Millénium, le roman policier à succès de Stieg Larsson  L’ouvrage paraitra fin août, 2015, dix ans après la disparition de Larsson.

Mandaté par la maison d’édition Norstedts qui désirait donner une suite à la trilogie, vendue à plus de 80 millions d’exemplaires dans le monde, il a travaillé près de 18 mois entre août 2013 et janvier 2015.

Après avoir présenté une première version début 2014, Lagercrantz a  retravaillé son manuscrit pour obtenir la version finale. Le roman  s’intitule Ce qui ne me tue pas. Des droits ont déjà été vendus dans plus de 40 pays.

Résumé : Quand Mikael Blomkvist reçoit un appel d’un chercheur de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle qui affirme détenir des informations sensibles sur les services de renseignement américains, il se dit qu’il tient le scoop qu’il attendait pour relancer la revue Millénium et sa carrière. Au même moment, une hackeuse de génie tente de pénétrer les serveurs de la NSA… 

Si nous vous parlons de ce quatrième opus, c’est que la trilogie de Stieg Larsson est idéale pour ceux qui ne connaissent pas l’univers des romans policiers nordiques si différent des ambiances anglaises, américaines, françaises… et souhaiteraient découvrir cette littérature. Sans compter que les adaptations en films et série, plutôt réussies, apportent un complément intéressant à l’ensemble.

Nous sommes curieux de découvrir de quatrième tome pour voir si le nouveau texte et la nouvelle intrigue seront à la hauteur des précédents opus. Stieg Larsson a donné des romans durs, sombres, complexes, denses, dont une certaine violence extrême n’est pas absente. Une trilogie habitée par des personnages attachants ou ignobles, des individus très humains avec leurs failles, leurs côtés sombres et leurs pans de lumière.

A la lecture du résumé, nous pouvons déjà constater que le nouvel auteur à choisi un thème d’intrigue plutôt banal et facile (intelligence artificielle et NSA sont des thèmes déjà surexploités dans les thrillers américains), alors que Stieg Larsson choisissait des intrigues locales axées sur les travers de la société suédoise et de ses dirigeants ce qui donnent à la trilogie une atmosphère  particulière. Nous espérons que ce tome 4 n’a pas perdu également les empreintes nordiques typiques que l’on trouve dans l’écriture et dans la façon d’aborder les choses, qui font que ces romans policiers sont immédiatement repérables.

En France, l’ouvrage paraîtra chez Actes Sud  en format papier et Epub : http://www.actes-sud.fr/catalogue/e-book/millenium-4-ce-qui-ne-me-tue-pas-epub

Les trois premiers titres , à lire dans l’ordre sont :

 

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HERCULE POIROT, ARSENE LUPIN… LE RETOUR…

UNE NOUVELLE ENQUETE D’HERCULE POIROT
Nous ne vous en avions pas encore parlé, mais les nouvelles du Pays des Héros sont plutôt bonnes.
La première bonne nouvelle : Hercule Poirot, disparu il y a  38 ans, est de retour et cela depuis septembre dernier. Si sa disparition fit la Une du New-York Times en 1975, son retour a enthousiasmé les journaux et enflammé les réseaux sociaux.
 
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Agatha Christie a créé en 1920, le personnage de Poirot. Il  apparaît pour la première fois dans La Mystérieuse Affaires de Styles. Suivront 32 romans et 51 nouvelles. En 1975, A. Christie met fin aux aventures de Poirot dans une histoire située à l’aube de la Seconde Guerre mondiale et paru sous le titre Curtain.(Poirot quitte la scène, en français.)

C’est Sarah Hannah, auteur britannique de plusieurs thrillers, qui est la première à prolonger les aventures du détective d’origine belge avec l’aval de Matthew Prichard, petit-fils d’Agatha Christie.

L’intrigue de Meurtres en majuscules (Monogram Murders, en anglais) se déroule entre Le Train bleu (1928) et La Maison du péril  (1932). Elle commence en 1929, un soir de février brumeux dans un café londonien, le Pleasant’s Coffee House. Hercule Poirot se repose dans une pension londonienne. Il y fait la rencontre de l’inspecteur Catchpool avec lequel il décide de partir enquêter sur trois meurtres commis dans le luxueux hôtel Bloxham.
Tous les ingrédients qui « font » un Poirot y sont, au poil de moustache près : petites cellules grises, cyanure, policier balourd, pasteur volage, cimetière, maîtres et valets, alibis qui s’écroulent, incontournable scène finale qui voit tous les protagonistes réunis autour de Poirot, l’indispensable et attendu coup de théâtre ultime. Nous suivons le cheminement, lent mais perspicace de l’esprit du fameux détective confronté à cette énigme alambiquée derrière laquelle se dissimulent bien d’autres énigmes.
Pas moins de 358 pages d’un « polar » bien traditionnel pour des retrouvailles avec le Hercule Poirot que nous aimons, maniaque et imbu de lui-même. Nous ne portons pa de jugement sur l’ouvrage, à vous de voir..

Souvent portées à l’écran, les enquêtes d’Hercule Poirot ont trouvé un interprète exceptionnel, dans la série télévisée anglaise, en David Suchet. Il incarne Hercule Poirot pendant 70 épisodes répartis sur 13 saisons. La qualité de tous les autres acteurs, les décors, des costumes, en font l’une de ces séries cultes que l’on  a du plaisir à voir et revoir.

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David Suchet dans le rôle d’Hercule Poirot

 

 ARSENE LUPIN AU XXI E SIECLE

Personnage emblématique de la Belle Époque, le gentleman cambrioleur embarqué dans des intrigues rocambolesques. Ses exploits ont été porté à l’écran, ont été adaptés de diverses façons….

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Après Sherlock Holmes version XXIeme siècle (Sherlock – BBC et Elementary – version série américaine) c’est le tour d’Arsène Lupin de reprendre ses activités dans notre siècle. Apparu pour la première fois en 1905, il revient sous la plume d’Adrien Goetz. dans La Nouvelle Vie d’Arsène Lupin. Toujours élégant et désinvolte, il sévit sur les réseaux sociaux, enlève les scénaristes de sa série préférée, se mêle du changement climatique, des compte de campagne du président de la République.  Des personnages canoniques sont également de retour, tel Herlock Sholmes et Joséphine Balsamo.

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Nous annonçons l’ouvrage, mais ne l’avons pas encore lu. Lupin est un héros connu mais il est loin d’occuper  la place d’un Holmes ou d’un Poirot dans le coeur du public.  Lupin est certainement un personnage amusant, mais il reste un malfaiteur. Holmes et Poirot sont du côté du bien.  Lupin ne bénéficie pas vraiment du goût pour les mauvais garçons (bad boys) qui parfois  captive un public.  Gentleman cambrioleur ? Est-ce vraiment si attirant ? Holmes et Poirot avec leurs diverses manies et leurs caractères pas toujours facile -c’est l moins que l’on puisse dire) sont des héros qui nous attachent autant par leur intelligence que par leurs défauts qui les rendent plus humains.

 Face à l’époustouflante réussite du Sherlock de la BBC,  à l’honnête Elementary US, il va falloir mettre la barre très haut, que ce soit sur le papier ou pour une éventuelle adaptation tv, ou ciné.

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DECOUVERTE D’UNE NOUVELLE ET COURTE HISTOIRE, SIGNéE DOYLE, DONT SHERLOCK HOLMES EST LE HEROS…

La statue de Sherlock Holmes à Londres (MANUEL COHEN/AFP)
La statue de Sherlock Holmes à Londres

 

Walter Elliot, Ecossais de 80 ans, habite la petite ville de Selkirk, au sud d’Edimbourg. Ce poète et historien a découvert une courte histoire qui a pour personnage principal le célèbre détective de Baker Street. Le récit serait signé Arthur Conan Doyle.

Alors que monsieur Elliot faisait du tri dans son grenier, il a retrouvé un recueil de nouvelles rédigé par plusieurs écrivains dans le cadre d’une vente de charité. L’argent récolté devait permettre de financer la reconstruction d’un pont de Selkirk, détruit en 1902. Imprimé en 1904, l’ouvrage s’intitule The Book o’ the Brig. L’ histoire qu’aurait écrit Conan Doyle, Sherlock Holmes: Discovering the Border Burghs and, by deduction, the Brig Bazaar, est un court texte de 1300 mots.

Extrait de la nouvelle: Sherlock Holmes: Discovering the Border Burghs and, by deduction, the Brig Bazaar.

Le récit raconte comment Holmes fait preuve de son légendaire sens de l’observation et de la déduction concernant les activités de son compagnon Watson. Le détective explique a son associé qu’il sait que ce dernier compte se rendre à Selkirk, pour participer à une vente de charité après la destruction d’un pont. Le récit fait ainsi directement référence au contexte dans lequel il a été écrit, un clin d’oeil qui pourrait bien être signé Conan Doyle, familier de la ville écossaise.

Ci-dessous, un article paru dans le Daily Record  et comportant l’intégralité de cette nouvelle démonstration du pouvoir d’observation et de déduction de Holmes  (en fin d’article) :

Read first unseen Sherlock Holmes story in over 80 YEARS written to help save Selkirk wooden bridge

WALTER Elliot, 80, found the 1,300 word tale starring the famous sleuth in a collection of short stories written for a local bazaar.

 Walter Elliot, 80, with the book containing a short Sherlock Holmes story by Sir Arthur Conan Doyle

AN historian has unearthed the first unseen Sherlock Holmes story in over 80 YEARS -which Sir Arthur Conan Doyle wrote to help save a town bridge.

Walter Elliot, 80, found the 1,300 word tale starring the famous sleuth in a collection of short stories written for a local bazaar.

The wooden bridge in the Scottish town of Selkirk was destroyed by the great flood of 1902 and locals organised a three-day event to raise funds for a new one in 1904.

As part of the event, organisers sold a collection of short stories by locals called « The Book o’ the Brig ».

The famed author – who loved visiting Selkirk and the surrounding area – contributed a tale before opening the final day.

Walter has now unearthed a copy of the book and spotted his story -‘Sherlock Holmes: Discovering the Border Burghs and, by deduction, the Brig Bazaar’ .

He was given the 48-page pamphlet more than 50 years ago by a friend but more or less forgot about it until recently after he looked in the attic.

He was prompted to dig out the incredibly rare papers – tired together with string – and put it on display as part of an upcoming local pop-up museum.

It is believed the story – about Holmes deducing Watson is going on a trip to Selkirk – is the first unseen Holmes story by Doyle since the last was published over 80 years ago.

Great-grandfather Walter said: « It is written by Sir Arthur Conan Doyle about Holmes and Watson.

« In Selkirk there was a wooden bridge that was put up some time before it was flooded in 1902.

« The town didn’t have the money to replace it so they decided to have a bazaar to replace the bridge in 1904.

« They had various people to come and do things and just about everyone in the town did something.

« The local MPs and landowners and everyone in two days I think took in £560, which was quite some sum then.

« The Saturday was opened by Sir Arthur Conan Doyle. He had written a wee story about Sherlock Holmes and Watson and this was in the book.

« I can’t remember how much they raised but they wanted it to be a carriage bridge but they didn’t get quite enough for that, but they built an iron bridge and it’s still there today.

« He really must have thought enough of the town to come down and take part and contribute a story to the book. It’s a great little story. »

 

The great flood of 1902 washed away the Wood Brig crossing the Ettrick in the Scottish Borders.

To raise money to build a new bridge, the town organised a three-day bazaar in December 1904 and sold the booklet of contributed stories, called The Book o’ the Brig.

Conan Doyle came to Selkirk to open the festival’s last day and spoke about his story – a legendary local tale which has been passed down through the town’s residents since.

His 1,339 word tale starts with a newspaper editor dispatching a journalist to London to find ‘a word from Sherlock Holmes’ and Watson.

The writer finds the pair and watches them in conversation – as Holmes declares he’s going to Edinburgh to solve the « mysteries of the Secret Cabinet ».

He asks Watson if he’d like to go with him but when Watson says he can’t go Holmes sounds surprises and says he thought he was « going to the Border country ».

Watson then asks him how he knows that and Holmes, using his usual powers says it is a « matter of deduction ».

He says Watson had recently discussed politics of the north and had used a term ‘huz’ which is only found in a certain area of Scotland.

Holmes also says he heard Watson « crooning a weird song » which he must have read or heard while previously in Hawick, Scotland.

He says « later still the plot deepened » when Watson began « lilting » another local song and then showed knowledge of James IV.

Homes says the clues means Watson must be heading to either Hawick, Galashiels, or Selkirk.

He says he then « smoked a ton of tobacco » and spent the night in thought and worked out he was heading to Selkirk.

Watson then admits he is indeed « going to Selkirk in aide of a Bridge » and Holmes wishes him well on his journey.

The book – around ten inches long and three inches wide with a soft brown paper cover – contained stories from local people, as well as the famous author.

The back cover details a programme of events and proudly states « the famous litterateur » was due to open the day before the ladies orchestra performed and local piano recitals.

« It was a varied book with lots of bits and pieces and stories, » said Walter, a retired woodcutter and father-of-three.

« I have no idea how many they made and sold. I’ve had this book for about 40 or 50 years.I must have got it from a friend because I can’t remember buying it from anyone.

« Usually people would throw out these books or sell them off. It has been in my family for quite a while now.

« I have no idea if it has ever been published – I’ve never seen it. I’ve always been interested in history and my family has always passed on stories and I suppose this was one of the stories that was passed down. »

It wasn’t the last time Sir Conan Doyle visited the town, and he returned a few months later with a cricket team to play Selkirk.

In 1905 he gifted a now-lost Border league football trophy, called the Conan Doyle Cup, last won by Kelso in 1937-38.

A year later, Conan Doyle stood as a Unionist candidate for Westminster in the nearby Hawick Burghs constituency.

The booklet will be on show at the Cross Keys Selkirk Pop-up Community Museum from Saturday, along with Walter’s painting of the replaced bridge.

The Sherlock Holmes story in full

The full story of ‘Sherlock Holmes: Discovering the Border Burghs and, by deduction, the Brig Bazaar’:

We’ve had enough of the old romancists and the men of travel, said the Editor. As he blue-pencilled his copy, and made arrangements for the great Saturday edition of the Bazar Book. ‘We want something up-to-date. Why not have a word from « Sherlock Holmes »?’

Editors have only to speak and it is done, at least, they think so. ‘Sherlock Holmes!’ As well talk of interviewing the Man in the Moon. But it does not do to tell Editors all that you think. I had no objections whatever, I assured the Editor, to buttonhole ‘Sherlock Holmes,’ but to do so I should have to go to London.

‘London!’ scornfully sniffed the Great Man. ‘And you profess to be a journalist? Have you never heard of the telegraph, the telephone, or the phonograh? Go to London! And are you not aware that all journalists are supposed to be qualified members of the Institute of Fiction, and to be qualified to make use of the Faculty of Imagination? By the use of the latter men have been interviewed, who were hundreds of miles away; some have been « interviewed » without either knowledge or consent. See that you have a topical article ready for the press for Saturday. Good day’.’

I was dismissed and had to find copy by hook or by crook. Well, the Faculty of Imagination might be worth a trial.

The familiar house in Sloan Street met my bewildered gaze. The door shut, the blinds drawn. I entered; doors are no barrier to one who uses the Faculty of Imagination. The soft light from an electric bulb flooded the room. ‘Sherlock Holmes’ sits bu the side of the table’ Dr Watson is on his feet about to leave for the night. Sherlock Holmes, as has lately been shown by a prominent journal, is a pronounced Free Trader. Dr Watson is a mild Protectionist, who would take his gruelling behind a Martello tower, as Lord Goschen wittily put it, but not ‘lying down!’ The twain had just finished a stiff argument on Fiscal policy. Holmes log.-

‘And when shall I see you again, Watson? The inquiry into the « mysteries of the Secret Cabinet » will be continued in Edinburgh on Saturday. Do you mind a run down to Scotland? You would get some capital data which you might turn to good account later.’

‘I am very sorry,’ replied Dr Watson. ‘I should have liked to have gone with you, but a prior engagement prevents me. I will, however, have the pleasure of being in kindly Scottish company that day. I, also, am going to Scotland.’

‘Ah! Then you are going to the Border country at that time?’

‘How do you know that?’

‘My dear Watson, it’s all a matter of deduction.’

‘Will you explain?’

‘Well, when a man becomes absorbed in a certain theme, the murder will out some day. In many discussions you and I have on the fiscal question from time to time I have not failed to notice that you have taken up an attitude antagonistic to a certain school of thought, and on several occasions you have commented on the passing of « so-called’ reforms, as you describe them, which you say were not the result of a spontaneous movement from or by the people, but solely due to the pressure of the Manchester School of politicians appealing to the mob. One of these allusions you made a peculiar reference to « Huz an’ Mainchester » who had « turned the world upside down. » The word « Huz » stuck to me, but after consulting many authors without learning anything as to the source of the word, I one day in reading a provincial paper noticed the same expression, which the writer said was descriptive of the way Hawick people looked at the progress of Reform. « Huz an’ Mainchester’ led the way. So, thought I, Watson has a knowledge of Hawick. I was still further confirmed in this idea by hearing you in several absent moments crooning a weird song of the Norwegian God Thor. Again I made enquires, and writing to a friend in the Sounth country I procured a copy of « Teribus. » So, I reasoned, so – there’s something in the air! What attraction has Hawick for Watson?’

‘Wonderful,’ Watson said, ‘and – ‘

‘Yes, and when you characterised the action of the German Government in seeking to hamper Canadian trade by raising her tariff wall against her, as a case of :Sour Plims, » and again in a drawing room asked a mutual lady friend to sing you that fine old song, « Braw, braw lads, » I was curious enough to look up the old ballad, and finding it had reference to a small town near to Hawick, I began to see a ray of daylight. Hawick had a place in your mind; likewise so had Galashiels – so much was apparent. The question to be decided was why?’

‘So far so good. And – ‘

‘Later still the plot deepened. Why, when I was retaiing to you the steps that led up to the arrest of the Norwood builder by the impression of his thumb, I found a very great surprise that you were not listening at all to my reasoning, but were lilting a very sweet – a very sweet tune Watson – « The Flowers of the Forest; » then I in turn consulted an authority on the subject, and found that that lovely if tragic song had a special reference to Selkirk. And you remember, Watson, how very enthusiastic you grew all of a sudden on the subject of Common0Ridings, and how much you studied the history of James IV., with special reference to Flodden Field. All these things speak, Watson, to the orderly brain of a thinker. Hawick, Galashiels, and Selkirk. What did the combination mean? I felt I must sold the problem, Watson; so that night when you left me, after we had discussed the « Tragedy of a Divided House, » I ordered in a ton of tobacco, wrapped my cloak about me, and spent the night in thought. When you came round in the morning the problem was solved. I could not on the accumulative evidence but come to the conclusion that you contemplated another Parliamentary contest. Watson, you have the Border Burghs in your eye!’

‘In my heard, Holmes,’ said Watson.

‘And where do you travel to on Saturday, Watson?’

‘I am going to Selkirk; I have an engagement there to open a Bazaar.’

‘Is it in aide of a Bridge, Watson?’

‘Yes,’ replied Watson in surprise; ‘but how do you know? I have never mentioned the matter to you.’

‘By word, no’ but by your action you have revealed the bent of your mind.’

‘Impossible!’

‘Let me explain. A week ago you came round to my rooms and asked for a look at « Macaulay’s Lays of Ancient Rome. » (You know I admire Macaulay’s works, and have a full set.) That volume, after a casual look at, you took with you. When you returned it a day or two later I noticed it was marked with a slip of paper at the « Lay of Horatius, » and I detected a faint pencil mark on the slip noting that the closing stanza was very appropriate. As you know, Watson, the lay is all descriptive of the keeping of a bridge. Let me remind you how nicely you would perorate –

When the goodman mends his armour And trims his helmet’s plume, When the goodwife’s shuttle merrily Goes flashing through the loom, With weeping and with laughter. Still the story told – How well Horatius kept the bridge, In the brave days of old.

Could I, being mortal, help thinking you were bent on such exploit yourself?’

‘Very true!’

‘Well, goodbye, Watson; shall be glad of your company after Saturday. Remember Horatius’s words when you go to Border Burghs :- « How can man die better than facing fearful odds. » But there, these words are only illustrations. Safe journey, and success to the Brig!’

 

 

 

 

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UNE HISTOIRE DE LIVRES ET D’ESCROQUERIE DIGNE D’UN ROMAN…

UNE HISTOIRE DE LIVRES ET D’ESCROQUERIE DIGNE D’UN ROMAN…

Ceci est un copié/collé d’un article paru dans Télérama…

 

L’escroc qui aimait trop les livres

 

Des années durant, l’énigmatique John Gilkey a dérobé des dizaines de volumes rares aux Etats-Unis. Sans chercher à les revendre… ni même à les lire. C’était sans compter un autre amoureux des livres : l’extraordinaire bouquiniste Ken Sanders.

On n’oublie jamais le premier livre qu’on a acheté. Ceux qu’on a reçus pendant la prime enfance finissent parfois aux oubliettes de la mémoire ; mais le premier passage en caisse — bonjour madame, oui c’est pour moi —, on le porte à jamais dans son cœur…

Ken Sanders se souvient parfaitement de sa première visite chez Acres of Books, légendaire bouquiniste de Californie installé depuis 1927 dans le sud de Los Angeles. « Je n’étais qu’un môme, mais le vieux propriétaire, Mr. Smith, qu’on m’avait décrit comme un ours, a tout de suite vu que j’étais sérieux. Je suis resté des heures dans sa librairie gigantesque, et avec mes économies, je me suis acheté une belle version des contes des Mille et Une Nuits et une énorme édition d’Alice aux pays des merveilles illustrée par l’artiste galloise Gwyneth Hudson. »

Acres of Books, que Ray Bradbury a fréquenté quasiment jusqu’à la fin de ses jours, a fermé ses portes en 2008, mais sa façade mythique, usée par le temps, se laisse toujours admirer au 240 Long Beach Boulevard. Où trouver l’équivalent aujourd’hui ? A mille kilomètres de là, à Salt Lake City, Utah. Propriétaire : Ken Sanders, 63 ans. C’est lui, désormais, le puits de science dont on bénit les recommandations, le passeur intarissable — « je donne toujours un livre gratuit aux enfants lorsqu’ils viennent pour la première fois ».

Son repaire extraordinaire, un ancien garage reconverti en temple des livres et de la contre-culture américaine, est la plus fascinante librairie qu’il nous ait été donné de fréquenter. Bien plus qu’un lieu de commerce, une représentation de son bouillonnant monde intérieur. « Sur toutes les photos de moi enfant, j’ai un livre à la main. Ma mère affirmait en riant que j’étais sorti de son ventre avec des romans sous le bras, réclamant de la lumière… »

Chez Ken Sanders, la culture est une fête. Dans un coin de la librairie, près d’un vieux canapé fatigué couvert de livres d’occasion, le réfrigérateur toujours bien garni en Bourbon et bière fraîche attend les copains qui n’oublient jamais de passer un peu avant la fermeture. Certains soirs, des musiciens folk s’installent avec guitares et banjo au milieu des rayonnages, on sort les chaises et on écoute les éternelles protest-songs et ballades de randonneurs infatiguables.

Le kleptomane…

Voyons maintenant : quel est le premier livre acheté par John Charles Gilkey ? Il n’en a jamais acheté un seul. Le premier livre qu’il a volé ? Difficile à dire, tant l’incurable kleptomanie de cet individu de 46 ans recèle de secrets. Le sait-il seulement lui-même ? Ken Sanders, marchand réputé, et John Gilkey, voleur impénitent, se fréquentent à distance depuis 1999 : pendant des années, le premier a poursuivi le second dans l’espoir de le mettre hors d’état de nuire…

Ironie suprême, le chasseur et le chassé ont une obsession en commun, les livres rares. « Mais là s’arrête la liste de nos ressemblances ! s’offusque Sanders. J’aime les livres et les respecte. Gilkey, lui, est une pomme pourrie dans notre verger. Son prétendu amour de la littérature ne m’inspire aucune sympathie. C’est avant tout un type malhonnête. »

John Gilkey photographié par la police de Californie.<br />

Né en 1968, à Modesto, Californie, Gilkey a commis son premier vol à 9 ans. En sortant d’un magasin avec ses parents, un gant de baseball glissé sous sa veste, il se serait écrié fièrement : « Regardez ce que j’ai pris ! » Aucune réaction de la mère ; sourire amusé du père… En 1987, le couple divorce. Il a 19 ans et choisit de vivre avec son géniteur, Walter. Chèques en bois et expulsions pour loyers impayés sont un mode de vie chez les Gilkey père et fils.

… voulait appartenir à l’élite

Ce dernier se découvre des désirs compulsifs. Des besoins de possession « quasi sexuels ». « Je ne sais pas si c’est parce que je suis un homme mais… j’adore regarder », confiera-t-il un jour à la journaliste Allison Hoover Bartlett (1). Regarder ? Et dérober. Pourquoi des livres ? Parce qu’ils sont, selon lui, le marqueur d’appartenance à une certaine élite intellectuelle, une bourgeoisie des lettres qui le fascine. Son amour des bibliothèques à l’ancienne lui est venu « en regardant Sherlock Holmes à la télévision ». S’il veut, au plus vite, se constituer une collection prestigieuse, c’est pour avoir le sentiment d’exister « et pouvoir lire sur le visage des autres le respect que [s]a grande culture ne tardera pas à inspirer ».

Aux Etats-Unis, le monde des antiquaires spécialisés en livres rares est un univers aussi feutré que la table d’un billard anglais. Les grands marchands ont leurs boutiques dans les beaux quartiers de Boston et San Francisco, ou sur Madison Avenue à New York. Avec sa longue barbe blanche, son impressionnante carrure et son allure de chercheur d’or pas tout à fait revenu du XIXe siècle, Ken Sanders y fait un peu figure d’hurluberlu. Mais son parcours inspire le respect.

Le libraire Ken Sanders a été mandaté par le syndicat ABAA pour s'occuper de la fraude pendant quatre ans.<br />

Sa librairie de Salt Lake, même si elle détonne avec ses airs de brocante miraculeuse, est connue dans tout le pays. Kerouac et les auteurs de la Beat generation y sont exposés en majesté, comme les grands raconteurs de l’Ouest américain, de Wallace Stegner à Edward Abbey — l’auteur de Désert solitaire, par ailleurs précurseur du militantisme écolo radical. Chez Ken Sanders, livres neufs et d’occasion cohabitent dans un bazar plus ou moins maîtrisé. Dans une pièce à l’écart, les ouvrages les plus rares sont gardés sous vitrine. Les first editions dotés de leur dust jacket d’origine (2) peuvent valoir des milliers de dollars.

La réputation de son antre a valu à Sanders d’être recruté par le réseau de télévision PBS pour sa très populaire émission Antiques roadshow : le marchand est l’un des experts de ce programme où des particuliers font évaluer leurs possessions. « Ça me vaut d’être reconnu dans les salons du livre partout dans le pays », s’amuse le libraire, par ailleurs éditeur avec sa petite maison Dream Garden Press.

 

Les livres rares sont des talismans. On en aime le parfum singulier, les effluves de cellullose et de lignine mêlées à l’odeur du cuir tanné. Colette, Huysmans, Baudelaire et tant d’autres ont chanté cet amour pour l’objet-livre, et le vertige heureux provoqué par cette fragrance si évocatrice que nombre de fabriquants de bougies et de parfums pour la maison commercialisent des produits tentant de s’en approcher. L’auteur Matija Strlic, de l’University College de Londres, décrivait quant à elle dans un article publié dans The Telegraph, « cette étonnante combinaison de notes herbacées avec une saveur d’acides et un soupçon de vanille sur une moisissure sous-jacente ».

Dans les salons, le roman n’est pas toujours l’attraction principale. Les livres pour enfants sont également très recherchés – et coûteux. Compter 100 000 euros pour une édition originale de Pinnochio, et jusqu’à 120 000 pour l’un des 250 exemplaires de The Tale of Peter Rabbit (Pierre Lapin, 1902) imprimés par Beatrix Potter en personne à ses débuts, avant qu’un éditeur n’accepte de la publier. Les livres n’ont pas besoin d’être anciens pour être joliment côtés : le tout premier tirage (500 exemplaires seulement) de Harry Potter à l’école des sorciers, premier épisode de la saga de JK Rowling, s’échange actuellement pour 35 000 euros.

En 1999, le syndicat de libraires ABAA (3) propose au passionné Ken Sanders de s’occuper de la lutte contre la fraude, un mandat de quatre ans. « Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais très vite, on m’a parlé de vols à répétition en Californie, avec toujours le même mode opératoire, et ça m’a passionné autant qu’énervé. Un type commandait des livres rares au téléphone et les payait en utilisant des numéros de carte de crédit valides. Plus tard, le propriétaire de ladite carte se rendait compte de l’achat frauduleux et se faisait rembourser. Pas de pénalité pour lui, mais une perte sèche pour les libraires, qui ne revoyaient jamais leurs livres et n’étaient pas payés. »

Le mystérieux escroc, qui restera plusieurs années sans identité connue, c’est John Gilkey. Il s’est fait embaucher chez Saks Fifth Avenue, grand magasin chic de San Francisco, travaille au rayon confection hommes, plie et replie gilets et chemises à 400 dollars. Ayant gagné la confiance de son supérieur, il commence à donner « un coup de main » à la caisse, où il se procure des reçus de cartes de crédit (à cette époque, les chiffres n’en sont pas encore dissimulés). Il prélève une dizaine de ces sésames par semaine, attend un mois ou deux avant de les utiliser…

En 1996, alors qu’il séjournait dans un motel en compagnie de son père, Gilkey avait trouvé, sur le sol, un de ces petits reçus de carte de crédit. Puis avait tenté le coup, se faisant livrer une pizza, puis, le lendemain, une montre et une affiche de Psychose, de Hitchcock.

Les premières années, seules des librairies spécialisées de Californie sont visées, mais bientôt, le charlatan dupera aussi des marchands de la côte Est. Gilkey repère des ouvrages de valeur dans des salons spécialisés, les admire, les caresse. Puis les repose sagement, avant de passer commande au téléphone quelques jours plus tard, avec les références d’une carte de crédit valide. Pour choisir ses « acquisitions », il se réfère en général à la liste des « 100 plus grands romans de langue anglaise » établie par l’éditeur Modern Library. C’est donc moins son goût personnel — en a-t-il ? — qui dessine les contours de sa bibliothèque, qu’une certaine idée de la liste parfaite, les greatest hits de la littérature anglo-saxonne.

Plus de 100 000  dollars de vol

En 2000, Gilkey embarque son père pour un périple en France et en Allemagne. Au menu, restaurants étoilés et vins fins, soirées au casino et hôtels de luxe. Le tout réglé frauduleusement, comme pour les livres. De retour à Los Angeles, il soustrait un Life on the Mississippi, de Mark Twain, à la librairie Dailey Rare Books. Puis, à San Francisco, s’offre un somptueux The Mayor of Casterbridge, de Thomas Hardy, en deux volumes. Cote : 25 000 dollars. Record personnel battu !

Life on the Mississippi, de Mark Twain.<br />

En 2002, Gilkey est promu au service clients de Saks. L’aubaine… Les détenteurs d’une carte American Express ont ses faveurs. Bien sûr, Gilkey, toujours disert et chaleureux lorsqu’il contacte un libraire au téléphone, ne peut pas se faire livrer ses « achats » à son domicile. Prétextant un voyage, il donne l’adresse d’un hôtel (généralement à moins de cent kilomètres de chez lui) puis passe récupérer son paquet à la réception, sans laisser de trace. Des premières éditions de Joseph Conrad, Thomas Mann et Joseph Heller viennent grossir le butin. Les marchands spoliés tentent bien d’alerter la police de leur ville, mais rares sont les agents qui souhaitent passer du temps sur des affaires considérées comme sans importance.

Un jour de 2002, Ken Sanders sort sa calculatrice et reprend la liste des vols attribués à « l’homme à la carte bleue ». Depuis 1997, il a dérobé pour plus de 100 000 dollars de livres rares ! Etrangement, les ouvrages volés ne réapparaissent jamais sur le marché ; et la collection de Gilkey intègre des volumes de valeurs très variables. Le kleptomane semble donc voler par pur amour des livres — et pas pour faire commerce de ses filouteries. John Gilkey confiera pourtant à la journaliste Allison Hoover Bartlett ne jamais lire « ses » livres : « Ce qui me plaît, c’est de les tenir dans mes mains, de les contempler. Mais je ne les lis pas, non. » Sauf le Lolita de Nabokov, dont il connaissait la réputation sulfureuse, et qu’il a trouvé « répugnant ».

Dans ses articles, la journaliste décrit un homme au visage rond et renfrogné, aux ongles rongés. Gilkey a du mal à prononcer le mot « vol ». Il dit qu’il a «obtenu» les livres. Qu’ils sont venus en sa possession. Il collectionne aussi les cartes de baseball, les pièces de monnaie anciennes, les bouchons en cristal, les autographes.

Parmi sa large collection, John Gilkey n'aurait lu que Lolita, de Vladimir Nabokov.<br />

Larcins maladifs

Mais qui sont donc les voleurs de livres ? Aucune société, aucune communauté — nationale, religieuse, intellectuelle — n’est épargnée par le virus. Historiquement, c’est même plutôt dans les cercles les plus cultivés que s’est développée l’incorrigible manie, chez les universitaires comme dans le clergé. Dans Bibliomanie, un de ses textes de jeunesse, Flaubert raconte les larcins maladifs de Don Vicente, moine espagnol du XIXe siècle qui dépouilla la bibliothèque de son propre monastère. Après avoir quitté les ordres, on le retrouva à la tête d’un commerce de livres à Barcelone. Obsédé par un ouvrage de 1432 qu’il n’avait pu acheter, il finit même par assassiner l’acquéreur en mettant le feu à sa maison. Son seul souhait, lors de sa condamnation à mort, fut qu’on promette de prendre grand soin de sa collection.

Il y a onze ans, au Danemark, on retrouva plus de trois mille livres anciens dans la cave d’une femme de 68 ans. Son mari, ancien historien et linguiste employé au fonds oriental de la Bibliothèque royale de Copenhague en avait siphonné les rayonnages huit ans durant. A sa mort, elle avait vendu une grande partie du stock — jusqu’à récolter près de 300 000 dollars pour un rarissime Utopia, de Thomas Moore. Quand la police l’arrêta, elle menait grand train.

Aux Etats-Unis, le record appartient à un dénommé Stephen Blumberg, un obsédé des livres qui en vola, dans les années 1980, plus de 23 000 dans 268 bibliothèques réparties dans 45 états et deux provinces au Canada. Estimation totale : 5,3 millions de dollars. L’homme étant gentiment détraqué, il aurait aussi subtilisé des dizaines de milliers de poignées de porte, les maisons victoriennes des beaux quartiers ayant ses faveurs. Stephen Blumberg est aujourd’hui en prison.

Mais revenons à l’affaite Gilkey… Le libraire Ken Sanders souffre d’un trouble banal mais ennuyeux dans son métier : la prosopagnosie — une quasi-incapacité à se souvenir des visages. Pourtant, il assure être incapable d’oublier les traits un peu lourds et le regard de chien battu de John Gilkey. La seule fois où ils se sont croisés, c’était lors d’un salon à San Francisco. « Ça a duré trois secondes au maximum, les yeux dans les yeux. » Puis Gilkey s’est évaporé. Non sans humour, l’escroc déambulait, ce jour-là, avec une édition très recherchée de L’Homme invisible, de H.G. Wells, à la main…

Entre Ken Sanders et les voleurs, c’est une longue histoire, toujours douloureuse. «Déjà, dans les années 70, quand que je tenais la librairie underground Cosmic Aeroplane avec deux copains, on était sans cesse confrontés à ces problèmes de fauche, c’était parfois très pesant.» Au cours des années, Sanders a bien souvent coursé des voleurs jusqu’au parking de son magasin. Le plus souvent, quelques hurlements de grizzly doublés de menaces de lendemains difficiles ont suffi à décourager les imprudents.

Entre 2000 et 2003, John Gilkey va faire trois brefs séjours en prison. Quand il plonge, c’est parce qu’il a utilisé un chèque sans provision ou beaucoup perdu au casino : aucune enquête ne permet de faire le lien avec les vols de livres. A peine dehors, il reprend sa chasse… Sanders, même s’il n’a jamais été directement victime de Gilkey, vit chacun de ses vols comme une insulte, une blessure personnelle. Il met au point un système informatique permettant à deux mille marchands dans trente pays du monde de signaler les larcins en temps réel.

Ne surtout pas se représenter le libraire de Salt Lake City en père la morale. L’homme a toujours fréquenté les marges de l’underground — il possède dix mille disques vinyles, rock et jazz surtout — et fait les quatre cents coups dans les années 1970 et 1980, quand il était un intime du Monkey Wrench Gang, un groupe d’activistes écolo radical, célèbre pour ses activités de sabotage contre les équipements des compagnies d’extraction de ressources naturelles. « Nous n’avions peur de rien, à l’époque… J’ai fini par me calmer en 1985. Notre groupe était infiltré par le FBI. Je venais de divorcer, mes enfants avaient besoin de moi. »

Les mois passent, les livres trépassent. A ses proches, Sanders avoue être de plus en plus rongé par cette histoire… Et puis, le 28 janvier 2003, rebondissement inespéré : il reçoit un appel de Ken Lopez, un marchand du Massachusetts. Gilkey vient d’appeler, il se dit intéressé par une première édition des Raisins de la colère (1939), de John Steinbeck, proposée à 6 500 dollars. Lopez, qui s’est déjà fait arnaquer par la star des voleurs, a reconnu sa voix, prétexté une urgence, et demandé à Gilkey de le rappeler dans une heure.

Le piège parfait

Sanders et lui montent un plan : lorsque l’escroc rappellera, Lopez confirmera la vente puis enverra effectivement un paquet — avec une édition moins chère du Steinbeck à l’intérieur — par coursier, à l’adresse communiquée par John Gilkey. Le piège parfait… Le lendemain, le coursier dépose le colis à l’hôtel Sheraton de Palo Alto. Quelques minutes plus tard, Gilkey se présente à l’accueil sous un nom d’emprunt, celui de la carte de crédit utilisée, et récupère son paquet. Pas le temps de l’ouvrir, les policiers sont déjà sur lui.

« Qu’on n’ait récupéré qu’une petite partie du butin me rend fou », confie Ken Sanders dix ans plus tard. La police a fouillé son appartement sur Treasure Island, dans la baie de San Fancisco. Le voleur y vivait toujours avec Walter, son père. On a retrouvé des enveloppes pleines de reçus de cartes de crédit, ce qui lui a valu trois ans de prison ferme, mais seulement vingt-six ouvrages ont pu être identifiés et restitués. « Le reste se trouve dans un container quelque part dans le nord de la Californie, mais où ? » s’agace le marchand de 63 ans… tout en jurant être « passé à autre chose, pour préserver [s]a santé mentale ».

Et Gilkey ? Libéré après dix-huit mois, il a repris ses activités frauduleuses, avec pour nouveau terrain de chasse l’univers envoûtant des cartes historiques et globes anciens. Aux dernières nouvelles, il serait à nouveau en prison. Cette fois, pour non-respect des modalités de sa liberté conditionnelle.

 

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CODEX SERAPHINIANUS…

CODEX SERAPHINIANUS…

Le Codex Seraphinianus est un livre étrange. Il est la « créature » de l’artiste italien Luigi Serafini. Il nous transporte dans un univers fantastique qui possède son propre alphabet (illisible) et de nombreuses illustrations fantaisistes, absurdes, déroutantes, poétiques… Des images qui compteraient parmi leurs ancêtres –  et en seraient les dignes héritières –  Jérôme Bosch, l’encyclopédie de d’Alembert,  l’imagerie populaire du XIXe siècle, les « pulp », comics, et autres BD de science-fiction  et d’anticipation du début du XXe, les dessins originaux d’Alice au Pays des Merveilles… plus quelques autres….

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Le Codex Seraphinianus est une encyclopédie qui décrit un monde inconnu miroir, toutefois, du nôtre. Chaque chapitre décrit cet univers, sa faune, sa flore, ses machines, ses personnages insolites…

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Le Codex Seraphinianus est le 8ème livre le plus recherché sur les sites dédiés aux livres d’occasion et de collection.  On peut le trouver, selon l’année d’édition et le nombre de volumes (un ou deux)  à des prix variant de 80 euros à plus de  7000 euros. Pour vous procurer un exemplaire, vous pouvez vous rendre ici : http://www.abebooks.fr/search/tn/Codex+Seraphinianus/fe/on

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Nous vous laissons découvrir ce superbe livre inclassable en tapant simplement son nom dans un moteur de recherche. Vous trouverez facilement un certain nombre de sites bien documentés sur Luigi Serafini et son oeuvre.

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