RSS

Archives de Tag: Little Free Library

LES LIVRES-JARDINS…CACTUS, SUCCULENTES ET AUTRES PLANTES VERTES…

LES LIVRES-JARDINS…CACTUS, SUCCULENTES ET AUTRES PLANTES VERTES…

Nous avons déjà évoqués ces mini jardins, mais ils sont tellement adorables qu’y revenir est indispensable

Si les cactus et les succulentes sont toujours incontournables pour créer ces mini jardins (grand choix de formes et couleurs, croissance lente, entretien minimum), les bonsaïs commencent à s’implanter dans les livres et les plantes vertes les plus classiques y attrapent une nouvelle image. Terminé la plante verte ringardisée et reléguée dans son coin de fenêtre, place à la belle plante valorisée et devenu un élément décoratif à mettre en avant (car toutes les plantes et les fleurs sont belles !)

 

Quelques images pour quelques idées. Vous trouverez des milliers de ces mini jardins en explorant la toile.

Copyright : images trouvées un peu partout sur le web, souvent sans nom d’auteur, appartiennent à leurs créateurs.

 

img_8426.jpgrecycled-book-planter-design.jpg

Book-planter-DIY-12.jpgfairy-garden-book.jpg

il_570xN.1004215093_qutf.jpg

 

 

 

 

 

normal_artificial-succulents-in-vintage-book-planter.jpg

il_570xN.957671928_kfpv.jpg

 

 

 

 

f8ef6031801baaaae720504ae9a47b5a.jpg

 

 

 

il_570xN.1007625089_90ow.jpg

original_deluxe-edition-succulents-in-vintage-book-planter.jpg

book-planter.jpg

 

 

 

Publicités
 

Étiquettes : , , , , , , , ,

CARA BARER, LE BOOK ART ELEGANT…

CARA BARER, LE BOOK ART ELEGANT…

Les créations de Cara Barer  ont souvent la silhouette d’élégantes créatures qui pourraient bien flotter  dans le fond secret des mers ou  venir d’autres planètes. Ce pourrait aussi être des plantes imaginaires. Ou rester simplement des formes, seulement des formes agréables. En plus du travail sur les formes et les textures, Clara Barer apporte de la couleur. Pour en savoir plus sur l’artiste c’est ici : http://www.carabarer.com/

Voici quelques-unes des créations que nous préférons (et le choix est difficile…) 

Toutes les photos proviennent du site de l’artiste. 2012-2015 Cara Barer Photography All Rights Reserved Houston Web Design

bronze1-side-view.jpgbronze1-front-view.jpgexplorer_72.jpgfound-reference.jpgmidnight.jpgNighshade_Barer_96.jpgOcean_72.jpgpink-butterfly_72.jpgpsychedelic_72.jpgstargazer_72.jpgtilted-a-l.jpgThe-Word-Tree_72.jpgstill-life-2_72.jpgsonnets_2010_72.jpgsea-nettle.jpgrainbow_72.jpgpills-and-potions.jpgpathfinder_72.jpgP_Z_72.jpgmorpho_barer_96.jpgjourney-to-aragoza.jpgla-bruja.jpghurly-burly.jpghomage-to-chamberlain.jpgheart_72.jpgflame_72.jpgFantasy-Land_721-1020x1024.jpgengraved_72.jpgengraved_72.jpgelegy_72.jpgbundle.jpgbarer_wildflowers_96.jpgBarer_Paris_96.jpgbarer_mighty_96.jpgbarer_apollo_96.jpganthology.jpgAmericas_96.jpg

Barer_713.jpg

 

word-hive.jpgbarer_fuchsia_96.jpg

 

Étiquettes : , , , , , , , ,

Première photo de Rowan Atkinson en commissaire Maigret…

Première photo de Rowan Atkinson en commissaire Maigret…

Lorsque l’on imagine quel nouvel acteur pourrait interpréter le commissaire Maigret, on ne pense pas vraiment à mettre en haut de la liste le comédien anglais Rowan Atkinson, surtout connu par ici pour son rôle de Mister Bean ou de Johnny English (entre autres). C’est pourtant lui qui prêtera ses traits à Jules Maigret, personnage créé par Georges Simenon,  dans deux téléfilms  de 120 mn. Les tournages ont commencé en septembre dernier, la diffusion est prévue en Angleterre courant 2016. En France, c’est France 3 qui a acheté les droits.

Commandés par ITV, Maigret tend un piège ( Maigret Sets a Trap )et  Maigret et son mort ( Maigret’s Dead Man) ont été adaptés par Stewart Harcourt (Miss Marple). Il s’agit d’une co-production entre Ealing Studios, John Simenon et Paul Aggey pour Maigret Productions.

En France, Maigret a notamment été interprété au cinéma par Jean Gabin (Maigret tend un piège, Maigret et l’affaire Saint-Fiacre, Maigret voit rouge); à la télévision par Jean Richard dans la série Les enquêtes du commissaire Maigret (1967-1990) et la série Maigret (1991-2005) par Bruno Cremer.

Quoi qu’il en soit, il va être très intéressant de découvrir comment les Anglais vont traiter  de nouveau ce personnage et son univers si Français et si Parisien ( malgré ses escapades en province). Il est toujours périlleux de prendre un acteur très orienté « comique » pour un rôle « sérieux », mais parfois cela a donné de belles réussites. 

On peut être sceptique devant le choix d’Atkinson, certes, mais n’oublions pas que beaucoup s’étonnèrent qu’on ait retenu Jean Richard abonné jusque là à des rôles secondaires, généralement de lourdauds, le plus souvent dans des nanars, et de surcroit patron du cirque Pinder. Et pourtant le résultat fut plus que crédible.

La qualité des séries anglaises est exceptionnelles, nous pouvons  donc espérer que la surprise ne soit pas mauvaise.

Ce n’est pas la première fois que les Anglais adaptent les aventures du commissaire. Une  série intitulée Maigret, comptant 52 épisodes de 50 minutes, en noir et blanc,  a été diffusée du 31 octobre 1960 au24 décembre 1963 sur la BBC. Maigret y est  interprété par Rupert Davies.

Maigret est, avec Sherlock Holmes, le héros de polar incarné par le plus d’acteurs de nationalités différentes : japonais, italien, allemand, russe…..

imgres.jpg

Rappelons que Georges Simenon (1903-1989), francophone né à Liège, est l’auteur belge le plus lu au monde. Son oeuvre comporte  193 romans publiés sous son nom et 176  sous pseudonymes.

Si vous souhaitez découvrir ou relire les enquêtes du Commissaire Maigret, nous vous informons que notre LITTLE FREE LIBRARY , ouverte tous les samedis de  14h à 18h, en possède actuellement un certain nombre. Les  » Maigret » font partie de ces romans que l’on peut conserver dans sa biblothèque car ils se relisent très bien.  Même si souvent son écriture laisse à désirer, Simenon est un très bon conteur.

Rowan-Atkinson-as-Maigret-767x421.jpgob_de64db_rowan-atkinson-maigret.jpg

 

Étiquettes : , , , , , ,

NOUVEAU RAYON A LA LITTLE FREE LIBRARY : CARTES POSTALES ANCIENNES ( ou pas…) ET VIEUX PAPIERS…..

NOUVEAU RAYON A LA LITTLE FREE LIBRARY : CARTES POSTALES ANCIENNES ( ou pas…) ET VIEUX PAPIERS…..

Un nouveau rayon (encore modeste) est proposé à la LITTLE FREE LIBRARY. Vous y trouverez des cartes postales anciennes ou modernes, des images (pieuses, publicités…),des vieilles photos, des « vieux papiers » (lettres, menus, enveloppes anciennes oblitérées…).  Nous sommes donc à la recherche de dons  de tous ces objets pour étoffer ce nouveau rayon.

En dehors des gros lots de dons, le principe reste le même, celui de l’échange. Sachant que l’on peut échanger des livres contre des cartes postales, des cartes postales contre des dvd…. Toutes les combinaisons sont possibles

Pour mémoire, la LITTLE FREE LIBRARY propose désormais en plus des livres :

  • des CD musique
  • des DVD films
  • des vinyls ( 33 et 45 tours)
  • des jeux vidéos

Nous en profitons pour remercier tous les donateurs et tous nos habitués du samedi qui participent depuis 4 ans au succès de la plus petite (mais riche jusqu’au plafond en bons ouvrages)  bibliothèque libre et gratuite  sise de ce côté-ci du Channel.

 
Commentaires fermés sur NOUVEAU RAYON A LA LITTLE FREE LIBRARY : CARTES POSTALES ANCIENNES ( ou pas…) ET VIEUX PAPIERS…..

Publié par le 10 novembre 2015 dans Bibliothèque - Library, Carte postale Postcard, Collection, Dessin Design, Graphisme, Patrimoine, PETITS OBJETS DE COMPAGNIE, Vieux papiers

 

Étiquettes : , , ,

BIBLIOTHEQUES AMBULANTES : LES PLUS MODESTES AUJOURD’HUI…

BIBLIOTHEQUES AMBULANTES : LES PLUS MODESTES AUJOURD’HUI…

Voici un choix d’images montrant des bibliothèques ambulantes d’hier et d’aujourd’hui.  Motorisées ou à quatre pattes (c’est à dire  véhiculées à dos d’âne, chameau, éléphant, etc.), ces bibliothèques mobiles témoignent que la lecture et les livres sont partout et que rien ne peut entraver la rencontre entre l’homme et les livres, que les obstacles soient géographiques, logistiques ou idéologiques. Le livre est semblable à l’eau, il s’introduit partout dès qu’il trouve un passage, aussi modeste soit-il, aussi étroite que soit la porte…

En trois articles, nous vous proposons trois types de bibliothèques ambulantes :  les plus modestes d’aujourd’hui, celles d’autrefois  (avec, au passage, parfois de belles carrosseries… et la magie du noir et blanc)… et pour terminer, quelques luxueuses bibliothèques contemporaines à roulettes 

Le passage de la bibliothèque ambulante a été et reste un jour de fête pour les lecteurs éloignés des grands centres.  C’est un peu comme la venue  du Père Noël et la découverte de nouveaux cadeaux.

camelbookmobile

 AUJOURD’HUI

LES PLUS MODESTES

 4270805931_28289f7c44

3312988393_b4f30c0449_z

054

ane3_1 luissoriano

biblioburro2

dllp 577

0

enews-donkey

tyyyyyyyyyyyyyyyyyyy

donkey_library

camel_library

912d9bed971c9dc29c78558ba4eb17e6

camellibrary

mongolia

slide_423398_5440282_free

slide_423398_5440272_free

Mobile-Library1

210e02a42c69734937ad45ccb43db60f

P9120077

4432822915_2070a5fb62_z

1335288416-mobile-old-book-shop-in-lahore_1173169

367409a2163a7773b81157b82dfc8716

611ac720f08d7d67eedd83fd40644b87

img_6670_mobile_book_stall_shahbagh_dhaka-original-resolution-1600x1200

f298a6cdab31c34f4604f8fcd5a42851

f5af5ae89d33582328c2f7b0c4f865ca

th

Biblioburro

2a484d1548bb0872ff5f58f320120644

8a160fff1203a15ead338f816daed480

 

Étiquettes : , , , , ,

AT LAST, SIR TERRY, WE MUST WALK TOGETHER….

AT LAST, SIR TERRY, WE MUST WALK TOGETHER….

C’est par cette citation de la Mort (La Mort est un important et très aimé personnage dans l’oeuvre de Pratchett, IL intervient souvent…)  que la nouvelle de la disparition de Sir Terry Pratchett a été annoncée sur son compte Twitter.

Une annonce en quatre messages formant une sorte de petite histoire : (lien vers la compte =  https://twitter.com/terryandrob/status/576036599047258112

_81606842_tpall

PTerry est passé dans l’un des autres mondes. Mais il nous laisse une oeuvre tellement riche, intelligente, drôle, humaine, délirante, poétique, érudite, iconoclaste… qu’il est  immortel. Car les livres de Terry Pratchett ne sont pas de ceux qui passeront aux oubliettes de l’histoire. C’est un grand homme qui nous a laissé de grandes choses.

imagestumblr_nl43nkOLNm1ty9xwio1_540Terry Pratchett  était jeune… 66 ans…et sans doute l’un des hommes les plus brillants de ces dernières décennies.

Nous cherchons à faire connaitre l’oeuvre de Sir Terry Pratchett depuis fort longtemps, que ce soit en privé ou par l’intermédiaire de Petits Objets de Compagnie et sa Little Free Library. Nous allons continuer pour que de plus en plus de lecteurs découvre cet extraordinaire écrivain.

Nous avions le projet de former un club dédié aux ouvrages dont les histoires se déroulent sur le Disque-Monde , sans oublier les autres ouvrages dont les histoires ne se déroulent pas sur le Disque-Monde. Ce projet reste d’autant plus d’actualité. Nous en reparlerons bientôt sur ce blog.

722855-000_dv840198

tumblr_nl3y1smZ6y1r8g1u8o1_1280

 

Étiquettes : , , , , , , ,

UNE NOUVELLE TRADUCTION DU SEIGNEUR DES ANNEAUX…

Le “Seigneur des Anneaux” de Tolkien se rhabille de mots neufs,

par Sophie Bourdais.

Copié/collé d’un article paru dans Télérama. Publié le 23 Février 2015.

Couverture illustrée par Alan Lee de la nouvelle traduction française du roman de J.R.R. Tolkien (à droite, en 1967), Le Seigneur des Anneaux.

Elle procure des émotions proches du texte anglais, en respecte au plus près l’univers et les qualités stylistiques… Vincent Ferré, connu pour ses travaux sur l’œuvre de Tolkien, commente la nouvelle traduction du “Seigneur des Anneaux”.

Après Le Hobbit en 2012, c’est au tour du Seigneur des Anneaux de se rhabiller de mots neufs, grâce à la nouvelle traduction proposée par le Québécois Daniel Lauzon. Les éditions Bourgois ont fait paraître le premier tome cet automne, le deuxième est attendu en 2015, et le troisième et dernier pour 2016. Comme nous l’écrivions dans Télérama mi-janvier, la lecture du premier tome retraduit procure un grand plaisir littéraire : le texte coule comme le Grand Fleuve de Lothlórien, les musiques des dialogues et des poèmes sont finement rendues, et l’on s’habitue vite aux nouveaux noms des personnages et des lieux, choisis selon les directives de l’auteur. Entretien avec Vincent Ferré, professeur de littérature générale et comparée à l’Université Paris Est Créteil, traducteur de Tolkien et directeur de la collection « Le Seigneur des Anneaux » aux éditions Bourgois.

Pourquoi retraduire le Seigneur des Anneaux, et pourquoi maintenant ?
C’est un projet assez ancien. J.R.R. Tolkien est publié par la maison Bourgois depuis 1972. Christian et Dominique Bourgois ont toujours cherché à publier l’intégralité de l’œuvre, en fonction de ce qui était édité du côté anglais par Christopher Tolkien (troisième fils de J.R.R. Tolkien, ndrl), tout en essayant d’améliorer l’existant.

Le Seigneur des Anneaux n’est qu’un exemple des 15 livres de Tolkien qui ont été publiés depuis 2002. En l’occurence, c’est parti du Hobbit. Dominique Bourgois a su qu’il y avait une édition annotée, qui comporte de nombreuses illustrations, des documents, ainsi qu’une introduction factuelle et biographique. Elle a souhaité la publier, et en a profité pour demander une nouvelle traduction à Daniel Lauzon.

Il était également intéressant de prendre en compte notre meilleure connaissance de l’auteur. En 1972, Le Seigneur des Anneaux était une île isolée au milieu de la mer. On a dû attendre cinq ans avant que Christopher Tolkien fasse paraître Le Silmarillion, cinq ans avant de comprendre que toutes les histoires qui constituent l’arrière-plan du Seigneur des Anneaux n’étaient pas un trompe-l’œil, mais des histoires que Tolkien avait réellement écrites.

Toutes les parutions qui ont suivi, en anglais puis en français, ont jeté une lumière différente sur ce qu’était Le Seigneur des Anneaux. Par ailleurs, les appendices n’ont été traduits qu’en 1986, par Tina Jolas. Et l’on sait qu’il y a des décalages avec le texte du roman traduit par Francis Ledoux. Il y en avait déjà entre Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux, où les personnages ne portent pas les mêmes noms. Dominique Bourgois a voulu redonner, en français, la cohérence que les textes ont en anglais, en faisant appel au même traducteur pour Le Hobbit et Le Seigneur des anneaux.

Enfin, on arrivait en 2014 au soixantième anniversaire de la première publication du Seigneur des Anneaux côté anglais. Pour le célébrer, HarperCollins a publié une nouvelle édition avec un texte débarrassé d’un certain nombre de coquilles, illustré par Alan Lee avec des illustrations re-scannées. C’était le bon moment pour une nouvelle édition française.

De quoi disposait exactement Francis Ledoux quand il a traduit Le Seigneur des anneaux ? A-t-il pu travailler sur d’autres documents que le texte anglais du roman ?
A notre connaissance, non. Francis Ledoux est quelqu’un d’important, il a traduit Charles Dickens, Horace Walpole, Tennesse Williams… Il a traduit Le Hobbit pour les éditions Stock, en 1969, alors que, manifestement, ça n’était pas son univers. Le Hobbit est un récit très léger, imaginé par Tolkien pour ses enfants, et qui ne respecte même pas les principes qu’il a formulés par la suite à propos des contes de fées.

Avec le recul, je pense que Francis Ledoux se plaçait peut-être, dès 1969, dans une logique de légitimation de l’œuvre de Tolkien. On le voit par le choix du vouvoiement systématique, de l’imparfait du subjonctif, qui donnent une sorte de littérarité au texte, et tranchent avec la diversité des registres que l’on observe en anglais entre Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux.

J’ai beaucoup d’admiration pour le travail de Francis Ledoux, qui n’avait pas d’accès à l’arrière-plan du roman, et n’a pas eu connaissance, ou n’a pas tenu compte, du Guide des noms du Seigneur des Anneaux, proposé par Tolkien à l’intention des traducteurs. Tolkien lisait un nombre important de langues vivantes, en plus de toutes les langues anciennes qu’il connaissait, et il était lui-même traducteur du vieil anglais vers l’anglais moderne. Dans ce guide, il précise que des noms tels que Bilbo, Saruman, Frodo, doivent être conservés tels quels, et il explique l’origine de certains noms propres, le jeu avec l’étymologie, la manière dont le traducteur peut rendre l’effet produit sur le lecteur anglais…

Quand j’ai commencé, dans les années 2000, à réfléchir avec Daniel Lauzon aux modifications qu’il aurait été souhaitable d’apporter au texte français – on ne savait pas alors si ça allait être une simple « révision » ou une retraduction –,  on a d’abord cherché comment on pourrait suivre, en français, les indications de Tolkien, qui a fait beaucoup de propositions pour les langues germaniques, nordiques, et moins pour les langues romanes. Et quand Daniel Lauzon a été engagé par les éditions Bourgois pour publier des textes inédits de l’Histoire de la Terre du Milieu, on a réfléchi aux liens et aux échos stylistiques entre les textes plus anciens, comme les Lais du Beleriand, et Le Seigneur des Anneaux.

http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01692309/zone/10/showtitle/1/src/su355l
Bande-annonce de la version cinématographique du Seigneur des anneaux par de Peter Jackson.

Savez-vous pourquoi Francis Ledoux a été choisi pour traduire Tolkien ?
Je ne sais pas pourquoi c’est lui qui a traduit Le Hobbit en 1969, mais Christian Bourgois s’est tourné naturellement vers lui pour traduire le Seigneur des Anneaux.

Et qu’est-ce qui a déterminé le choix de Daniel Lauzon ?
Une grande partie de mon travail pour les éditions Bourgois depuis 2002, d’abord comme conseiller puis comme directeur de collection, a été de trouver des traducteurs ayant le profil adéquat pour traduire les textes de Tolkien. Deux profils ont émergé. Le premier est celui de Christine Laferrière, professeure d’anglais en région parisienne, qui a une formation très forte en linguistique, et un goût très prononcé pour les langues, qui s’est manifesté lorsqu’elle a traduit Les Monstres et les Critiques, le recueil d’essais sur la littérature et la littérature médiévale écrits par Tolkien au cours de sa carrière.

Daniel Lauzon, lui, a surgi lors de discussions sur des sites francophones autour de Tolkien. En France, l’affirmation de Tolkien comme un écrivain « classique » est associée à la diffusion d’Internet à la fin des années 90. A ce moment sont apparus des sites en français consacrés à son œuvre, comme jrrvf.com, tolkiendil.com, elbakin.net, toujours actifs. Daniel Lauzon y a montré très vite une connaissance et une compréhension stylistique de l’œuvre absolument exceptionnelles.

Il terminait ses études comme traducteur à Montréal. Nous avons commencé à travailler sur ce qui n’était au début qu’une réflexion autour de la traduction française du Seigneur des Anneaux. Puis les éditions Bourgois lui ont confié une partie du volume 3 de l’Histoire de la Terre du Milieu, les Lais du Beleriand, et son travail a été tellement concluant qu’on lui a confié les volumes 4 et 5. Il s’est imposé comme le traducteur connaissant le mieux la fiction de Tolkien liée à la Terre du Milieu.

Une carte de la Terre du milieu.

Quelles sont, selon vous, les principales qualités de la nouvelle traduction ?
Je vais essayer d’être aussi objectif que possible ! Pour moi, c’est sa qualité stylistique, sa fluidité, la recherche d’une traduction au plus près de l’anglais et des variations de styles et de registres, aussi bien dans la narration que dans les dialogues. Tolkien a fait très attention à la manière de parler de chaque personnage, pour les caractériser. Sam ne parle pas comme Frodo, ni comme Gandalf, et Daniel Lauzon a essayé de rendre ces particularités. Il a également le souci des nuances dans les descriptions, les ambiances et les atmosphères.

Je n’avais pas été aussi sensible, dans la traduction de Francis Ledoux, au chapitre qui se déroule en Lórien chez Galadriel. Là, j’ai retrouvé des émotions proches de celles que véhicule le texte anglais. Enfin, il y a une cinquantaine de poèmes et de chansons dans le Seigneur des anneaux, et Daniel Lauzon nous fait entendre, en essayant de suivre un certain nombre de contraintes poétiques et prosodiques, ce qu’on a souvent oublié : que Tolkien a d’abord été poète. Il a commencé à écrire des poèmes en 1910-1911, il a même proposé en 1916 un volume poétique à un éditeur, qui ne l’a pas retenu. Certains poèmes sont ensuite passés dans le Seigneur des Anneaux. Dans la nouvelle traduction, on entend vraiment la manière dont chaque poème caractérise les personnages et les peuples. La Chanson du bain des Hobbits n’est pas la même chose que le chant de déploration des Rohirrim !

Après, c’est le lecteur qui choisit. Les réactions ont été bonnes, voire très bonnes de la part de lecteurs qui disent avoir l’impression d’être dans un lieu familier, mais d’y voyager un peu autrement. Sur les noms, il y a des discussions, notamment avec des lecteurs très anciens de Tolkien qui s’étaient fait leur idée ; on essaie d’expliquer la démarche de Daniel Lauzon, la manière dont il a suivi les indications de Tolkien. Et de faire comprendre qu’une traduction n’est qu’une proposition, une manière d’approcher le texte anglais.

On trouve effectivement de vives discussions sur Internet au sujet de la transformation de la forêt de Mirkwood, ex-Forêt Noire chez Francis Ledoux, qui devient la Forêt de Grand’Peur
C’est un bon exemple des choix faits par Daniel Lauzon pour éviter de « sortir » de l’univers tolkienien. Francis Ledoux n’avait pas connaissance de l’importance extrême accordée par Tolkien à la cohérence de son monde. Dans la traduction de 1972, on trouve des expressions qui nous font quitter la Terre du Milieu, des références à la « file indienne », à « un cousin à la mode de Bretagne », ou encore à Dieu. Ce sont des moments où le lecteur est renvoyé à sa réalité, alors que l’auteur souhaitait que pendant un certain temps, on suspende un peu notre incrédulité, et qu’on s’immerge dans la fiction.

Daniel Lauzon a donc évité de reprendre « Forêt Noire » parce que, dans le meilleur des cas, l’expression rappelle une zone géographique en Allemagne, et, dans le pire des cas, un dessert ! C’est le nom sur lequel il y a eu le plus de discussions. Mais c’est aussi la liberté du traducteur. Le document sur les noms propres qui nous a servi de base pour les discussions fait 40 pages, et on a discuté chaque nom avec des spécialistes francophones et anglophones des langues chez Tolkien, pour donner un maximum d’éléments d’information et d’érudition à Daniel Lauzon. C’est lui qui arbitrait et trouvait l’équilibre.

La nouvelle édition répare-t-elle des contresens ?
Les contresens de la traduction de 1972 sont le plus souvent liés au fait que Francis Ledoux n’avait pas tous les éléments qui lui auraient permis de trancher. L’exemple le plus célèbre demeure, dans le prologue, la référence à la « mort » d’Elrond et de Galadriel. Francis Ledoux avait affaire au terme departure, qui, à d’autres moments, signifie effectivement « mort », comme dans le cas de Boromir. Sauf que le Silmarillion, cinq années après la publication en français du Seigneur des Anneaux, nous a appris que les Elfes sont immortels… C’est le genre de chose qu’on a pu revoir.

La traduction de Ledoux est très belle, ses descriptions de paysages en particulier, mais il y a des éléments qu’il n’aurait sans doute pas retenu s’il avait eu une connaissance plus précise du monde de Tolkien. On progresse, on avance. J’ai eu le plaisir de rencontrer André Markowicz dès les années 90, quand il retraduisait Dostoïevski ; pour lui, les traductions sont marquées par le temps, et de temps à autre il faut reproposer des traductions. C’est quelque chose qui est resté imprimé dans ma mémoire. Plus de 40 ans après la première traduction du Seigneur des Anneaux, il était temps d’en proposer une autre.

Est-il question de rafraîchir aussi Le Silmarillion ?
Dans l’absolu, les données sont pratiquement les mêmes, Le Silmarillion a été publié en 1978 en français, on dispose d’une masse de connaissances nouvelles ; ce texte a été le plus difficile à traduire, donc peut-être qu’à terme ce sera envisageable. Mais je n’ai jamais posé la question à Dominique Bourgois, parce qu’on a déjà une liste tellement importante de choses à éditer !

Dominique Bourgois a notamment fait traduire la biographie de John Garth, Tolkien et la grande guerre (sortie en mars 2014, ndrl), pour réinscrire Tolkien dans le XXe siècle. Les dernières pages sur l’articulation entre la Première Guerre mondiale et la naissance des textes légendaires et mythologiques de Tolkien sont passionnantes. Et c’est aussi une manière de proposer un autre regard que celui d’Humphrey Carpenter dans sa biographie des années 70, la plus connue, qui est intéressante mais présente le personnage comme quelqu’un qui aurait eu une vie un peu monotone.

Alors que, pour moi, J.R.R. Tolkien évoque Umberto Eco. Quelqu’un qui est à la fois un puits de science, qui marque profondément sa discipline, et dont une partie du savoir passe dans la fiction, la création ; et aussi un homme extrêmement charismatique, président de nombreuses associations pendant ses études, capable d’arriver avec un conte au lieu d’une conférence quand on l’invitait à venir prononcer une communication…

Que diriez-vous à quelqu’un qui n’a vu que les adaptations filmées de Peter Jackson, qu’il aura appréciées ou pas, pour l’inciter à découvrir les livres ?
Je voudrais d’abord souligner la diversité du lectorat de Tolkien. Une des choses que j’ai préférées, ces dix dernières années, a été de rencontrer les lecteurs – une cinquantaine de fois. A chaque fois, je suis surpris du décalage entre le lectorat qui se manifeste sur Internet et les réseaux sociaux, plutôt jeune, de 15 à 25 ans, et ce lectorat silencieux avec l’on discute aussi dans les médiathèques ou au Salon du livre, et qui a entre 40 et 90 ans. Certains sont lecteurs de Tolkien depuis des années, d’autres y sont amenés par leurs enfants ou leur petits-enfants, et chacun a « son » Tolkien, sa vision, son texte préféré… Certains lecteurs aiment en particulier ses lettres, et ne lisent rien d’autre !

A quelqu’un qui n’aurait vu que les films, je dirais déjà que l’œuvre de Tolkien ne s’arrête pas au Seigneur des Anneaux et au Hobbit, et je lui conseillerai d’aller en bibliothèque ou en librairie pour constater la diversité des textes disponibles, les feuilleter, et voir ce qui peut lui convenir le mieux. Les Enfants de Húrin, parus en France en 2008, ont été un succès considérable, notamment parce que des lecteurs qui n’avaient jamais ouvert Tolkien ont lu plus facilement un roman de 200 pages, extrêmement épuré et condensé, que le long et sinueux Seigneur des Anneaux. De lui-même, ce spectateur des films se rendra compte que les films n’étaient qu’une transposition, qu’une mise en images. En France, je crois que tout le monde a bien saisi l’écart important entre les films et le texte-source.

 

Étiquettes : , , ,